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Types de questions : quel format de réponse choisir ?

Du choix unique au classement, chaque type de question mesure autre chose et s'analyse autrement. Nous présentons les formes courantes avec des exemples et la typologie de l'INSEE.

Autrice chez empirio.ai - Maria Malzewpar Maria MalzewMis à jour le 1 septembre 2026Temps de lecture 21 min

Deux questions portent sur la même chose : « Es-tu satisfait de ta formation ? » suivie de cinq degrés, et « Que changerais-tu ? » suivie d'un champ vide. Seul le format de réponse diffère, et pourtant les deux récoltes ne se convertissent pas l'une dans l'autre.

Un type de question désigne la forme dans laquelle une question récolte sa réponse : sélection dans une liste fermée, position sur une échelle graduée, mise en ordre de plusieurs objets ou rédaction libre. Le choix décide aussi de ce que tu auras sous les yeux à la fin, des colonnes à compter ou des paragraphes à lire. À la fin de cet article, tu connais les formes courantes avec leurs exemples et tu sais laquelle sert quel objectif.


📌 L'essentiel en bref

  • Un type de question fixe la manière dont la réponse est récoltée.
  • L'INSEE ne compte pas deux familles mais cinq formats de réponse.
  • Choix unique, échelle, tableau, classement et texte libre couvrent presque tout.
  • Les tableaux doivent être évités dès qu'une autre mise en forme existe.
  • Le format de réponse décide si tu compteras ou si tu liras.

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Qu'est-ce qu'un type de question ?

Un type de question est la forme de construction d'une question dans un questionnaire, c'est-à-dire la combinaison entre le libellé et le format de réponse imposé. Le type fixe la manière dont les personnes interrogées ont le droit de répondre, et donc la forme sous laquelle leur réponse arrivera dans l'analyse.

Le libellé dit ce qui est demandé, le format de réponse dit comment répondre. Les deux réunis forment la question affichée à l'écran. Une même interrogation sur la satisfaction envers le restaurant universitaire peut se poser comme une échelle de 1 à 5, comme une sélection parmi quatre modalités de réponse ou comme un champ de texte vide, et chacune de ces trois versions mesure autre chose.

Plusieurs mots circulent pour la même réalité. Type de question, forme de question et catégorie de question s'échangent sans dommage. Le terme format de réponse est plus étroit : il ne désigne que la seconde moitié, la partie réponse, sans le libellé. Les modalités de réponse, elles, sont les propositions individuelles qui composent une liste fermée.

Le niveau de mesure est encore autre chose : il décrit les opérations de calcul autorisées sur les données récoltées, et il découle du type de question retenu. Une satisfaction récoltée comme sélection entre « bien », « moyen » et « mauvais » n'autorise aucune moyenne, même si l'outil aligne sagement des chiffres. Les calculs permis par ton niveau d'échelle se décident donc au moment où tu choisis le type de question.

Format de réponse et fonction : les deux axes

Les types de questions ne se rangent pas dans une seule liste, parce que deux caractéristiques indépendantes se croisent : le format de réponse d'une question et sa fonction dans le questionnaire. La plupart des panoramas mélangent les deux et posent la question filtre à côté du tableau, comme s'il s'agissait d'alternatives.

Deux axes se croisent donc. Une question filtre peut se poser en oui/non ou comme une sélection parmi six catégories, et une question sur l'âge peut être un champ numérique ou une liste de tranches. Dès que les deux axes sont séparés, le choix devient nettement plus simple, parce que tu prends deux petites décisions au lieu d'une grande.

AxeCe qu'il fixeExemple
Format de réponsela manière dont il est permis de répondreéchelle de 1 à 5
Fonction dans le questionnairele rôle de la question dans le dérouléquestion filtre avant le module détaillé

Les cinq formats de réponse de l'INSEE

Pour le premier axe, la référence française ne reprend pas la division binaire des manuels. Dans la documentation de son Atelier de conception d'enquêtes, l'INSEE répartit les formats en cinq groupes, du plus simple au plus complexe : questions ouvertes ou réponses simples, questions à choix unique, questions à choix multiple, tableaux, et liens deux à deux.

L'écart avec la division en deux familles n'est pas cosmétique. Une question ouverte peut attendre du texte, un nombre, une date ou un booléen, et l'INSEE demande de préciser dans chaque cas les bornes, le nombre de décimales ou le motif attendu. Les liens deux à deux, eux, servent à décrire les liens familiaux entre habitants d'un logement dans les enquêtes auprès des ménages : aucun manuel de méthodologie ne les classe, alors que les questionnaires officiels en contiennent.

Un détail de vocabulaire mérite attention, parce qu'il revient dans toute la documentation française. L'INSEE qualifie « question à choix unique » d'abus de langage : il s'agit en réalité d'une question avec réponse à choix unique, puisque le choix porte sur la réponse et non sur la question. L'usage courant garde la forme brève, et cet article la garde aussi.

La fonction d'une question dans le déroulé

Le second axe décrit la tâche qu'une question assume dans le parcours. Une question de fond récolte le contenu visé, une question filtre décide de la suite du chemin, une question sociodémographique fournit les caractéristiques pour les analyses par groupe, et une question de contrôle vérifie que la personne répond avec attention. La fonction fixe surtout la place dans le déroulé, pas le format de réponse. Pour construire l'ordre des modules, du démarrage à la clôture, la marche à suivre figure dans le guide pour créer un questionnaire.

Les types de questions en un coup d'œil

Les dix types de questions ci-dessous couvrent presque intégralement la pratique courante, du mémoire de licence à l'enquête de satisfaction client. Le classement suit le format de réponse, des questions de sélection vers les saisies libres.

Aucun questionnaire n'a besoin des dix. Un bon questionnaire tient généralement avec trois à cinq types différents, et la variété apparaît alors d'elle-même, parce que des contenus différents réclament des formes différentes.

Type de questionMode de réponseUsage privilégié
Question à choix uniqueune seule réponse dans une listecatégories qui s'excluent
Question à choix multipleplusieurs réponses dans une listeusages, équipements, motifs
Question oui/nonune alternative entre deuxfiltres et faits objectifs
Échelle d'évaluationposition sur des degrés ordonnéssatisfaction, importance, fréquence
Échelle de Likertaccord avec une affirmationattitudes mesurées sur plusieurs items
Question NPSune valeur entre 0 et 10recommandation en un seul indicateur
Tableauplusieurs items sur la même échellebatteries d'items présentées de façon compacte
Question de classementmise en ordre d'objetspriorités plutôt que notes séparées
Question ouvertechamp de texte sans liste ferméemotifs, suggestions, imprévus
Champ numérique ou dateune valeur dans un format imposéâge, quantité, date

Deux remarques accompagnent cette liste. La question oui/non n'est pas une famille à part : il s'agit d'une question à choix unique avec exactement deux modalités de réponse, et sa présence séparée tient seulement à son rôle très particulier dans les questionnaires. La question NPS, de son côté, est une échelle d'évaluation dont l'étiquetage et le mode de calcul sont figés, donc un standard et non un format supplémentaire.

Choix unique et choix multiple

Les questions de sélection présentent une liste de modalités de réponse dans laquelle les personnes interrogées puisent. La seule différence entre les deux variantes tient au nombre de coches autorisées, et cette petite décision change entièrement l'analyse.

Dans une question à choix unique, les réponses totalisent 100 pour cent, parce que chaque personne compte exactement une fois. Dans une question à choix multiple, la somme dépasse ce total, puisqu'une personne peut cocher trois cases et apparaître dans trois catégories. Négliger la différence au moment de la restitution produit des pourcentages qui s'additionnent à plus de 200 et ne disent rien à personne.

La question à choix unique

Une question à choix unique convient partout où les catégories s'excluent mutuellement. Le diplôme visé en fournit un exemple : licence, master et doctorat ne coexistent pas au même moment, donc une seule coche est permise. La liste doit couvrir tous les cas de figure, faute de quoi les personnes interrogées se rabattent sur une catégorie inadaptée. La construction de listes exhaustives est détaillée dans l'article sur les questions à choix unique.

La question à choix multiple

Une question à choix multiple convient là où plusieurs réponses s'appliquent en même temps, par exemple les moyens de transport utilisés ou les événements fréquentés. Le confort qu'elle offre pousse justement à allonger la liste. Règle empirique : au-delà de dix modalités de réponse, plus personne ne lit vraiment, tout le monde survole. L'analyse et les pièges habituels sont traités dans l'article sur les questions à choix multiple.

Pourquoi l'ordre des modalités compte

La position d'une réponse dans la liste influence la fréquence à laquelle elle est retenue, et dans des directions opposées selon le mode d'enquête. Lenzner et Menold (2015) décrivent les deux effets dans les GESIS Survey Guidelines consacrées à la formulation des questions : en présentation visuelle, à l'écran ou sur papier, les premières alternatives sont choisies plus souvent, tandis qu'au téléphone ce sont les dernières citées. Dans une enquête en ligne, la rotation aléatoire de l'ordre pour chaque personne neutralise le problème.

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Échelles : évaluation, Likert et NPS

Les questions à échelle imposent une dimension de réponse graduée sur laquelle les personnes interrogées se situent. Elles enregistrent donc non seulement si quelque chose s'applique, mais avec quelle intensité, ce qui en fait le type le plus utilisé dans les enquêtes de satisfaction et d'attitude.

Toutes les échelles partagent un point : l'ordre des degrés est fixe et porte lui-même du sens. Leurs différences tiennent à ce qu'elles mesurent et à ce que tu auras le droit de calculer ensuite.

L'échelle d'évaluation comme forme de base

Une échelle d'évaluation interroge une propriété unique sur plusieurs degrés, par exemple la satisfaction de « très satisfait » à « très insatisfait ». Les décisions centrales portent sur le nombre de degrés, sur leur étiquetage et sur la présence ou l'absence d'un milieu neutre. Ces trois points pèsent davantage sur le résultat que le libellé lui-même, raison pour laquelle l'article sur l'échelle d'évaluation les traite en détail.

L'échelle de Likert pour les attitudes

Une échelle de Likert soumet des affirmations auxquelles les personnes interrogées adhèrent ou s'opposent par degrés, le plus souvent sur cinq niveaux, de « tout à fait d'accord » à « pas du tout d'accord ». Plusieurs affirmations sur le même thème forment ensemble un instrument de mesure. On lit fréquemment que les intervalles entre les degrés seraient égaux et autoriseraient donc une moyenne. Cette affirmation ne tient pas, et l'article sur l'échelle de Likert explique pourquoi.

La question NPS comme standard figé

La question NPS pose une seule interrogation sur la recommandation, sur une échelle de 0 à 10, et agrège les réponses en un indicateur selon une règle fixe. Son avantage tient à la comparabilité entre entreprises et entre périodes, son inconvénient est celui de tout indicateur unique : le chiffre dit où en est la situation, jamais pourquoi. Une question ouverte de relance la suit donc presque toujours.

💡 Conseil

Garde une seule direction d'échelle et un seul nombre de degrés dans tout le questionnaire. Utiliser cinq degrés du positif vers le négatif dans le premier module, puis sept degrés dans l'autre sens dans le second, revient à récolter des réponses qui ressemblent à des données mais mesurent surtout le temps d'adaptation des personnes interrogées.

Tableaux et questions de classement

Les tableaux et les questions de classement regroupent plusieurs évaluations dans une seule question. Ils économisent beaucoup de place et de temps, mais exigent en retour bien plus de concentration qu'une simple question de sélection.

Les deux types ont leur piège propre, et dans les deux cas le piège tient au volume. Un tableau de cinq lignes se remplit avec soin, un tableau de vingt lignes finit par être expédié ligne après ligne.

Le tableau pour les batteries d'items

Un tableau place plusieurs affirmations les unes sous les autres et les fait évaluer sur la même échelle. Le libellé figure une seule fois au-dessus, l'échelle une seule fois à côté, et les personnes interrogées avancent ligne par ligne. Pour des affirmations qui vont ensemble, la forme reste efficace, puisque le barème de jugement ne se construit qu'une fois et se conserve ensuite pour toutes les lignes.

Le conseil de l'INSEE contredit la pratique courante

L'INSEE recommande d'éviter les tableaux chaque fois qu'une autre mise en forme est possible. Deux motifs sont avancés dans la documentation de l'Atelier de conception d'enquêtes : le format se prête mal à l'accessibilité, et il est familier aux statisticiens sans l'être aux personnes interrogées. La recommandation qui suit consiste à poser les questions de façon disjointe et, si le découpage se révèle impossible, à les simplifier.

La contradiction avec le conseil méthodologique dominant mérite d'être nommée plutôt que lissée. Lenzner et Menold (2015) recommandent, pour les listes à réponses multiples, de faire répondre chaque ligne par oui ou par non plutôt que de laisser cocher librement, précisément pour supprimer les effets d'ordre décrits plus haut, et la mise en forme obtenue ressemble à un tableau. Les deux conseils ne visent toutefois pas la même chose : l'argument de l'INSEE porte sur la mise en forme et son accessibilité, l'argument de GESIS porte sur la qualité des données récoltées. Aucun des deux ne réfute l'autre, et le conflit reste réel pour qui doit trancher.

Une issue existe dans la documentation française elle-même. L'INSEE décrit la réponse oui/non pour chaque modalité comme une variante de la question à choix multiple, et non comme un tableau, en précisant que cette mise en forme convient aussi aux batteries de questions. Le compromis praticable consiste donc à garder le principe oui/non par modalité, mais à le présenter comme une suite de questions et non comme une grille : l'avantage sur les effets d'ordre subsiste, sans grille à faire défiler.

La question de classement pour de vraies priorités

Une question de classement fait mettre des objets en ordre au lieu de les noter séparément. Elle impose donc un arbitrage qu'une échelle n'impose pas : classer cinq critères tous jugés « très importants » oblige enfin à trancher. Sa limite se situe autour de cinq à sept objets ; au-delà, le tri devient une corvée et les dernières places sont attribuées au hasard.

⚠️ Attention

Les tableaux cassent en premier sur les écrans étroits. Une grande part des participations arrivant depuis un téléphone, la limite raisonnable tient en deux chiffres : cinq colonnes de réponse au maximum et huit lignes au maximum. Au-delà, coupe le tableau en deux questions plutôt que de réduire la taille du texte.

Questions ouvertes et semi-ouvertes

Les questions ouvertes ne proposent aucune modalité de réponse, seulement un libellé et un champ vide. Seul type de question à livrer des contenus auxquels personne n'a pensé pendant la construction du questionnaire, elles tirent de là toute leur valeur.

Un préjugé tenace veut que beaucoup de personnes interrogées soient dépassées par les questions ouvertes. Züll (2015) résume autrement l'état de la recherche dans les GESIS Survey Guidelines consacrées aux questions ouvertes : en règle générale, toutes les personnes interrogées sont capables d'y répondre. Le facteur décisif n'est pas la capacité, mais l'intérêt pour le thème et sa pertinence pour la personne.

Quand une question ouverte vaut son coût

Les questions ouvertes se justifient surtout dans quatre cas : quand tu interroges des connaissances et veux exclure la devinette, quand le champ thématique n'est pas encore balisé, quand la liste des réponses possibles serait ingérable, par exemple pour les professions, et quand tu veux éviter d'orienter les réponses par des propositions. Le prix à payer est le travail d'analyse, car un texte doit d'abord être codé avant de pouvoir être compté. Le déroulé de ce codage est décrit dans l'article sur les questions ouvertes.

La question semi-ouverte comme forme mixte

Une question semi-ouverte propose une liste de modalités et y ajoute un champ libre, le plus souvent sous la forme « Autre, précisez ». Cette forme est le cas normal pour toute question de fond dont les réponses ne se laissent pas énumérer complètement, et elle évite le dégât qui survient sans elle : quand une réponse évidente manque, la question reste sans réponse ou reçoit une coche arbitraire. La comparaison des trois formes est développée dans l'article sur les questions ouvertes et fermées.

Texte, nombre ou date : préciser le format attendu

L'INSEE range sous les réponses dites simples quatre formats distincts : texte, numérique, date et booléen. Pour le format numérique, la documentation demande de fixer les bornes minimale et maximale ainsi que le nombre de décimales, et d'afficher l'unité comme aide au répondant ; pour le texte, le nombre maximal de caractères ou un motif attendu, une adresse électronique par exemple, peuvent être précisés. La taille du champ agit d'ailleurs sur la longueur des réponses : Züll (2015) renvoie à des travaux qui établissent un lien positif entre la taille prévue du champ et l'étendue des réponses dans les questionnaires auto-administrés.

Questions filtres et questions sociodémographiques

Les questions filtres et les questions sociodémographiques relèvent du second axe : leur définition tient à leur fonction dans le questionnaire, pas à leur format de réponse. Rarement porteuses du sujet qui t'intéresse vraiment, elles restent indispensables au fonctionnement de presque tout questionnaire.

Prenons une enquête sur le logement. Savoir si une personne peut renseigner les charges de son appartement dépend d'abord du statut d'occupation, et cette question préalable décide de la suite du parcours.

La question filtre pilote le parcours

Une question filtre décide des questions posées ensuite. Elle épargne aux personnes interrogées de devoir se prononcer sur des situations qui ne les concernent pas, et t'épargne des réponses inexploitables. Lenzner et Menold (2015) signalent une différence facile à oublier au moment de la planification : dans les enquêtes assistées par ordinateur, les filtres se mettent en place sans difficulté pour les personnes interrogées, tandis que les questionnaires papier envoyés par voie postale doivent éviter les filtres nombreux et complexes.

Les questions sociodémographiques fournissent les groupes de comparaison

Les questions sociodémographiques récoltent des caractéristiques comme l'âge, le genre, le diplôme ou le lieu de résidence. Leur intérêt ne tient pas à la valeur elle-même mais à l'analyse par groupe : sans elles, impossible de montrer que les étudiants de première année de licence répondent autrement que ceux de master. Leur place habituelle est la fin du questionnaire, parce qu'elles motivent peu, et leur nombre reste limité au nécessaire, chaque caractéristique supplémentaire affaiblissant l'anonymat. Les formulations éprouvées figurent dans l'article sur les questions sociodémographiques.

Questions de contrôle et question de clôture

Les questions de contrôle vérifient que la personne répond avec attention, par exemple en réclamant une réponse précise à un endroit donné. Utiles dans les questionnaires longs, elles deviennent superflues dans les questionnaires courts. La question de clôture est presque toujours ouverte et demande en substance s'il reste quelque chose à ajouter. Züll (2015) la décrit expressément aussi comme un moyen de motivation, parce qu'elle rend la parole après une longue série de propositions imposées.

Quel type de question pour quel objectif ?

Le choix du type de question découle de l'affirmation que tu veux pouvoir formuler à la fin, pas l'inverse. Savoir quelle phrase doit figurer dans la partie résultats revient le plus souvent à avoir déjà tranché sans s'en apercevoir.

Le tableau ci-dessous se lit dans les deux sens : la première colonne nomme le type, la deuxième l'objectif auquel il répond, la troisième la raison. En cas d'objectifs multiples, retiens la ligne la plus proche de ta question de recherche.

Type de questionObjectif viséLa raison
Question à choix uniquepublier des parts qui totalisent 100 pour centchaque personne compte une seule fois
Oui/non par modalitémesurer la diffusion de plusieurs caractéristiquessupprime les effets d'ordre
Échelle d'évaluationnuancer une satisfaction ou un accordsaisit l'intensité et pas seulement le fait
Échelle de Likertmesurer une attitude sur plusieurs affirmationsplusieurs items forment un instrument
Question de classementrendre des priorités visiblesimpose un arbitrage
Question ouverte de relancecomprendre le motif derrière une notela liste de modalités ignore le motif
Question ouverteexplorer un champ thématique inconnules catégories ne sont pas encore formables
Question filtreorienter des sous-groupes différemmentpilote la suite du parcours
Question sociodémographiqueanalyser séparément par groupefournit la caractéristique de comparaison

Une règle domine toutes ces lignes : l'analyse d'abord, le type de question ensuite. Écrire à l'avance quel tableau ou quel graphique doit figurer dans la partie résultats fait apparaître immédiatement si la question prévue le permet, et évite la question embarrassante le jour de la soutenance. Dix minutes de préparation économisent ici tout un après-midi de rattrapage.

Erreurs typiques dans le choix du type de question

Les problèmes les plus fréquents dans les questionnaires ne viennent pas de libellés maladroits, mais d'un type de question qui ne colle pas au contenu. Quatre erreurs reviennent sans cesse, et les quatre se corrigent en quelques minutes avant l'envoi.

Le point commun des quatre tient au calendrier : elles se révèlent au moment de l'analyse, et il est alors trop tard. Un questionnaire déjà passé entre deux cents mains ne se corrige plus.

Erreur 1 : les modalités ne correspondent pas au libellé

Lenzner et Menold (2015) citent un exemple que l'on reconnaît ensuite partout. La question demande si la personne a été membre actif d'une association au cours des douze derniers mois, et les réponses proposées sont « souvent », « parfois », « rarement » et « jamais ». Le libellé appelle un oui ou un non, les modalités appellent une fréquence, et les personnes interrogées doivent deviner l'intention. Corrige le libellé ou les modalités, jamais les deux ensemble.

Erreur 2 : les catégories se recouvrent

Les modalités de réponse doivent être exhaustives et sans recouvrement, sinon une réponse ne se rattache pas à une seule case. Les tranches horaires et les tranches d'âge fournissent le classique du genre : avec « entre 6 h 00 et 6 h 30 » puis « entre 6 h 30 et 7 h 00 », la personne qui se lève à six heures et demie peut cocher les deux. La correction est banale et pourtant rarement appliquée : fixer les bornes à 6 h 29 et 6 h 59. D'autres règles figurent dans l'article sur les questions fermées.

Erreur 3 : trop de questions ouvertes

Les questions ouvertes coûtent le plus d'effort aux personnes interrogées, et cet effort s'accumule. Un questionnaire à huit champs libres est abandonné plus souvent qu'un questionnaire à deux, et il produit au bout du compte des masses de texte que personne ne code. Pour une enquête standardisée ordinaire, le dosage éprouvé consiste à interroger majoritairement en questions fermées et à placer les champs libres là où le motif t'intéresse.

Erreur 4 : l'échelle change en cours de route

Le changement d'échelle est la plus discrète des quatre erreurs et l'une des plus coûteuses. Quand le premier module travaille sur quatre degrés, le deuxième sur cinq et le troisième dans le sens inverse, les réponses ne se comparent plus entre elles, et une partie des personnes interrogées ne remarquera pas le basculement. Fixe une échelle avant d'écrire et tiens-la, même si une question isolée gagnerait en finesse avec sept degrés.

Conclusion

Le type de question n'est pas une formalité de fin de rédaction, mais la première décision sur ce que ton questionnaire autorisera comme affirmations. Retenir les deux axes, le format de réponse et la fonction dans le déroulé, transforme cette décision en deux petits pas au lieu d'un grand. Écrire à l'avance quel tableau doit figurer à la fin revient le plus souvent à avoir déjà trouvé le type adapté.

Une dernière chose vaut pour tous les formats : la cohérence à l'intérieur du questionnaire pèse plus lourd que la finesse d'une question isolée. Une échelle unique, des modalités de réponse sans recouvrement et un ordre de modules stable valent mieux qu'un assortiment de formats brillants pris un par un.

Le type de question ne se choisit pas en rédigeant la question, mais en planifiant l'analyse.

Pour aller plus loin

Les quatre articles ci-dessous prolongent chacun un point laissé ouvert : la construction complète d'un questionnaire, l'arbitrage entre ouvert et fermé, les formulations toutes faites à reprendre, et la distinction entre sondage et questionnaire, qui revient dans presque toutes les questions posées en début de mémoire.


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Questions fréquentes

Les types de questions courants sont le choix unique, le choix multiple, la question oui/non, l'échelle d'évaluation, l'échelle de Likert, la question NPS, le tableau, la question de classement, la question ouverte et le champ numérique ou date. Ces dix formes couvrent presque toute la pratique. Un questionnaire tient généralement avec trois à cinq types différents, parce que des contenus différents réclament des formats de réponse différents.

Une question à choix unique n'autorise qu'une seule réponse, une question à choix multiple en autorise plusieurs à la fois. La conséquence se voit surtout à l'analyse : avec le choix unique, les parts totalisent 100 pour cent, puisque chaque personne compte une fois. Avec le choix multiple, la somme dépasse ce total, car une même personne apparaît dans plusieurs catégories.

Trois à cinq types de questions différents suffisent à la plupart des questionnaires. Le changement de forme ne sert pas à varier les plaisirs, mais répond au fait que des contenus différents exigent des formats de réponse différents. Multiplier les types augmente l'effort demandé aux personnes interrogées, qui doivent réapprendre la manipulation à chaque question au lieu de réfléchir au contenu.

Le sondage désigne l'opération d'enquête dans son ensemble, de la définition de l'échantillon à la restitution des résultats, tandis que le questionnaire désigne l'instrument utilisé, c'est-à-dire la suite de questions soumise aux personnes interrogées. Un sondage se mène donc au moyen d'un questionnaire. L'usage courant confond souvent les deux mots, mais la distinction reste attendue dans un mémoire.

Les modalités de réponse sont les propositions individuelles qui composent la liste fermée d'une question, par exemple les cinq degrés d'une échelle de satisfaction ou les six filières proposées dans une question sur le cursus. L'INSEE emploie ce terme dans sa documentation de conception d'enquêtes. Des modalités correctes sont exhaustives et sans recouvrement, afin que chaque réponse se rattache à une seule case.

Un mémoire de licence s'appuie majoritairement sur des questions fermées, questions de sélection et échelles, parce qu'elles s'analysent statistiquement sans étape intermédiaire. Une ou deux questions ouvertes complètent utilement l'ensemble, placées là où la justification compte. Les consignes du directeur de mémoire et celles du département restent déterminantes, notamment sur le nombre de questions et la taille de l'échantillon.

Un type de question décrit la forme de construction d'une question, alors qu'un niveau d'échelle décrit les opérations de calcul autorisées sur les données récoltées. Le niveau d'échelle découle du type de question, et non l'inverse. Une question à choix unique sur la filière produit des données nominales, une question de classement des données ordinales, un champ numérique sur l'âge des données métriques.

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