Tu lis des travaux allemands, ou tu rédiges dans une université allemande, et ton département exige la méthode de citation allemande : les références en notes de bas de page plutôt qu’entre parenthèses dans le texte. C’est là que les questions commencent. Que met-on dans la première note, que garde-t-on dans les suivantes, et quand « ebd. » suffit-il ?
Dans la méthode de citation allemande, chaque référence figure en note de bas de page, signalée par un appel de note en exposant. La première mention d’une source porte la référence complète avec toutes les données bibliographiques, chaque mention suivante une référence abrégée composée du nom, d’un identifiant de l’ouvrage et de la page. Tous les exemples de cette page portent sur la même source, pour que tu puisses comparer note, référence abrégée et bibliographie.
📌 L’essentiel en bref
- La méthode allemande place chaque référence en note de bas de page.
- La première note d’une source porte la référence complète.
- Dès la deuxième mention, la référence abrégée suffit.
- « Ebd. » ne vise que la note immédiatement précédente.
- L’appel de note ne se place pas comme en français.
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Qu’est-ce que la méthode de citation allemande ?
La méthode de citation allemande est un système de référencement dans lequel chaque source est indiquée en note de bas de page. Un appel de note en exposant renvoie à la note, et celle-ci donne l’auteur, le titre, les données d’édition et la page.
Le texte courant reste ainsi débarrassé des parenthèses. C’est la raison pratique pour laquelle les disciplines qui citent beaucoup par page ont conservé ce système : histoire, droit, théologie et une partie des lettres. Celui qui place le nom et l’année entre parenthèses dans la phrase travaille avec Harvard ou APA.
Les autres noms de la méthode allemande
La méthode de citation allemande n’a pas de nom officiel, faute d’instance qui aurait pu le lui donner. Les guides allemands décrivent les mêmes règles sous « Fußnotenzitierweise », « klassische Zitierweise » ou simplement « Zitieren mit Fußnoten ». En français, on parle de système classique ou de citation en notes de bas de page. Le principe est le même, le détail ne l’est pas.
Ce qui change par rapport au système classique français
Le système classique français et la méthode allemande fonctionnent tous deux par notes, mais divergent sur deux points précis. Le français dispose d’une famille d’abréviations latines plus riche, et il place l’appel de note avant la ponctuation, alors que l’allemand le place après.
| Système | Place de l’appel de note | Reprise d’une source |
|---|---|---|
| Méthode allemande | après le point | ebd. puis référence abrégée |
| Système classique français | avant la ponctuation | Ibid., op. cit., art. cit. |
| Harvard | parenthèse dans le texte | nom et année répétés |
| APA 7 | parenthèse dans le texte | nom et année répétés |
Le service commun de documentation de l’Université de Limoges formule la règle française sans ambiguïté : l’appel de note est accolé à la notion ou à la citation à référencer, en principe avant tout signe de ponctuation. Pour l’effet de tout cela sur une seule référence de livre, vois notre guide sur la citation d’un livre.
La méthode allemande est-elle une norme ?
La méthode de citation allemande n’est pas une norme mais une convention disciplinaire. Aucun manuel central ne la fixe, aucune norme DIN ne la couvre. Ce qui t’engage, c’est le guide de ton département, et ces guides divergent sur des détails qui paraissent anodins.
La situation française n’est guère plus stable. La norme NF Z 44-005 a été annulée le 21 août 2010 et remplacée par la NF ISO 690, comme le rappelle le service questions-réponses de l’ENSSIB. La NF ISO 690 est elle-même en réexamen selon le portail norminfo de l’AFNOR. Autrement dit : ni en Allemagne ni en France une norme ne tranche à ta place.
Référence complète et abrégée : que met-on dans quelle note ?
La référence complète figure dans la première note consacrée à une source et contient toutes les données bibliographiques. Chaque note suivante portant sur la même source contient la référence abrégée, réduite au nom, à un identifiant de l’ouvrage et à la page.
Les guides allemands appellent ces deux formes Vollbeleg et Kurzbeleg, ou Vollzitat et Kurzzitat. Les deux couples désignent la même chose. Tous les exemples ci-dessous portent sur le même passage : Anna Weber, « Empirisch forschen. Ein Leitfaden für die Abschlussarbeit », troisième édition, parue à Wiesbaden chez Beispielverlag en 2024, page 87.
Note 1, référence complète à la première mention : Vgl. Weber, Anna: Empirisch forschen. Ein Leitfaden für die Abschlussarbeit, 3. Auflage, Wiesbaden: Beispielverlag 2024, S. 87.
Note 2, référence abrégée dès la deuxième mention : Vgl. Weber 2024, S. 87.
Note 3, même source immédiatement après : Vgl. ebd., S. 88.
Le titre reste en allemand et ne se traduit pas, et les abréviations non plus. « Vgl. » signale une citation indirecte, c’est-à-dire un passage que tu as reformulé, et correspond au « Cf. » français. Pour une citation textuelle entre guillemets, il disparaît et la note commence par le nom. « S. » abrège Seite et remplace le « p. » français.
La méthode allemande avec plusieurs auteurs
Plusieurs auteurs sont séparés par une barre oblique, sous la forme « Nom, Prénom/Nom, Prénom ». Le seuil à partir duquel on abrège varie selon les guides. Le guide de citation du séminaire d’histoire de la LMU de Munich donne jusqu’à trois noms en note et regroupe les suivants sous « u. a. » ou « et al. », tandis que la bibliographie y porte tous les noms.
Deux auteurs, référence complète : Vgl. Weber, Anna/Schulze, Paul: Empirisch forschen. Ein Leitfaden für die Abschlussarbeit, 3. Auflage, Wiesbaden: Beispielverlag 2024, S. 87.
Quatre auteurs, référence complète : Vgl. Weber, Anna/Schulze, Paul/Meier, Peter u. a.: Empirisch forschen. Ein Leitfaden für die Abschlussarbeit, 3. Auflage, Wiesbaden: Beispielverlag 2024, S. 87.
Quatre auteurs, référence abrégée : Vgl. Weber u. a. 2024, S. 87.
Certains guides séparent les noms par un point-virgule ou par « und » au lieu de la barre oblique, d’autres abrègent dès le troisième nom. La variante choisie compte moins que sa constance dans l’ensemble du mémoire.
Où placer l’appel de note : avant ou après la ponctuation ?
C’est le point où l’habitude française induit le plus souvent en erreur. En français, l’appel de note se place avant le signe de ponctuation. En allemand, il se place après le point lorsque la référence porte sur toute la phrase.
La règle allemande dépend de la portée de la référence. Si la note appuie la phrase entière, l’appel suit le point. Si elle n’appuie qu’un mot ou une proposition, l’appel se place à l’intérieur de la phrase, immédiatement après ce segment. La formule courte « toujours après le point » est donc incomplète, même en allemand.
Usage français : L’échantillon comptait 480 personnes¹.
Usage allemand, portée sur la phrase : Die Stichprobe umfasste 480 Personen.¹
Après une citation textuelle, l’appel suit le guillemet fermant dans les deux traditions. Ce qui change, c’est la forme des guillemets eux-mêmes : les guillemets français « » avec espaces insécables d’un côté, les guillemets allemands „ “ de l’autre.
⚠️ Attention
Si tu passes d’un mémoire français à un travail rédigé en Allemagne, ta chasse aux appels de note doit être systématique. Word ne déplace pas les appels tout seul, et un texte où la moitié des appels précède le point et l’autre le suit se repère dès la première page.
Les règles de la note : majuscule, point, pages
Chaque note commence par une majuscule et se termine par un point, même lorsqu’elle ne compte que trois mots. C’est pour cette raison qu’on écrit « Ebd. » en début de note et « ebd. » en minuscule après un « Vgl. » qui ouvre déjà la note.
Une note peut contenir plusieurs références, séparées par un point-virgule. Elle peut aussi accueillir un commentaire, une précision ou une traduction, exactement comme en français. Ce qui n’y a pas sa place, c’est une idée essentielle à l’argumentation : celle-là revient dans le corps du texte.
« f. » et « ff. » après les numéros de page
Les abréviations « f. » pour la page suivante et « ff. » pour les pages suivantes sont répandues mais imprécises : après « ff. », on ignore s’il s’agit de deux pages ou de vingt. Le guide de la LMU de Munich les déconseille et demande l’intervalle complet, donc « S. 87–89 ». L’intervalle n’est jamais fautif, ni en allemand ni en français.
Les abréviations latines côté français
Le système classique français utilise plus d’abréviations latines que l’allemand. Le guide du master Histoire des mondes de l’Université Bordeaux Montaigne les distingue ainsi : « Ibid. » reprend la référence qui précède immédiatement, « op. cit. » renvoie à un ouvrage cité plus haut mais pas juste avant, « loc. cit. » au même passage d’une référence antérieure et « id. » au même auteur. « Art. cit. » joue le rôle d’« op. cit. » pour un article.
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« Ebd. » et « a. a. O. » : quand ces abréviations sont admises
« Ebd. » abrège « ebenda » et joue exactement le rôle d’« Ibid. ». Il remplace la référence abrégée lorsque la note renvoie à la source nommée dans la note immédiatement précédente. Si seule la page change, tu l’ajoutes, donc « Ebd., S. 88. ».
Deux conditions décident. D’abord, la note visée doit précéder immédiatement, et non figurer trois notes plus haut. Ensuite, elle ne doit nommer qu’un seul ouvrage : si la note précédente en cite deux, on ne sait plus lequel est visé, et le guide de la LMU de Munich exclut alors « ebd. ».
Pourquoi « a. a. O. » recule
« a. a. O. » abrège « am angegebenen Ort » et correspond mot pour mot à « op. cit. ». Il renvoie à une source citée quelque part plus haut, pas nécessairement dans la note précédente, et c’est là son défaut : qui veut vérifier la référence doit remonter les notes jusqu’à la trouver. Une référence abrégée avec le nom et l’année coûte deux mots de plus et se résout immédiatement.
Une abréviation qui oblige à remonter les notes économise l’effort au mauvais endroit.
Certains guides allemands conservent « a. a. O. », d’autres l’ont supprimé. Si ton guide ne dit rien, la référence abrégée reste le choix sûr : elle est prévue dans tous les guides liés depuis cette page.
Méthode allemande : exemples pour quatre types de sources
Les quatre types de sources les plus fréquents dans un mémoire suivent le même schéma et ne diffèrent que par les éléments qui s’ajoutent. La référence d’un livre reste la plus courte, celle d’une contribution à un ouvrage collectif la plus longue, parce que deux ouvrages y sont emboîtés.
Chaque exemple ci-dessous donne la référence complète, c’est-à-dire la forme de la première note. La référence abrégée est identique dans les quatre cas : « Vgl. Weber 2024, S. 87. ». L’ordre et la ponctuation peuvent différer selon ton guide.
Citer un livre selon la méthode allemande
Pour un livre, tu donnes l’auteur, le titre et le sous-titre, l’édition, le lieu, l’éditeur, l’année et la page. La première édition ne se mentionne jamais, toutes les suivantes si, parce que la pagination bouge d’une édition revue à l’autre. Certains guides suppriment l’éditeur et ne gardent que le lieu.
Référence complète : Vgl. Weber, Anna: Empirisch forschen. Ein Leitfaden für die Abschlussarbeit, 3. Auflage, Wiesbaden: Beispielverlag 2024, S. 87.
Citer une contribution à un ouvrage collectif
Pour une contribution, l’auteur du chapitre vient en tête, suivi de « in: » et des données du volume avec ses directeurs. La pagination complète de la contribution ferme la référence, et la page précisément citée s’ajoute avec « hier: ». Sans cette distinction, on ignore quelle page tu as lue.
Référence complète : Vgl. Weber, Anna: Stichproben in der Praxis, in: Schulze, Paul (Hrsg.): Empirisch forschen. Ein Leitfaden für die Abschlussarbeit, 3. Auflage, Wiesbaden: Beispielverlag 2024, S. 80–95, hier: S. 87.
Citer un article de revue
Pour un article de revue, l’éditeur et le lieu disparaissent. À leur place viennent le titre de la revue, le numéro de volume, l’année entre parenthèses et, au besoin, le numéro de livraison. La pagination de l’article fait partie de la référence, la page citée s’ajoutant avec « hier: ».
Référence complète : Vgl. Weber, Anna: Stichproben in der Praxis, in: Zeitschrift für Methodenlehre 12 (2024) 2, S. 80–95, hier: S. 87.
Citer une source en ligne en note
Pour une source en ligne, tu ajoutes l’URL ou le DOI et la date de ta dernière consultation. Le guide de la LMU de Munich exige les deux et demande en outre de supprimer la mise en forme du lien, pour que la référence n’apparaisse pas soulignée et en bleu dans l’appareil de notes.
Référence complète : Vgl. Weber, Anna: Stichproben in der Praxis, in: Beispielportal, 12.03.2024, www.beispielportal.de/stichproben, Zugriff 15.08.2026.
Les notes ne font que la moitié du travail dès qu’une source n’existe pas sur papier. Notre guide sur la citation des sources internet détaille les éléments d’une référence en ligne et le rôle de la date de consultation.
La bibliographie dans la méthode allemande
La bibliographie liste tous les ouvrages utilisés, dans l’ordre alphabétique des noms et sous leur forme complète. Deux éléments distinguent l’entrée de la note : le « Vgl. » disparaît, et la page citée ne figure pas.
C’est sur la pagination que la plupart des bibliographies se défont. Une monographie ne porte aucune indication de page. Un article ou une contribution porte la pagination complète du texte, et non la seule page que tu as citée.
| Élément | Dans la note | Dans la bibliographie |
|---|---|---|
| « Vgl. » | pour les citations indirectes | jamais |
| Page d’un livre | la page citée | aucune |
| Page d’un article | intervalle plus « hier: » | l’intervalle seul |
| Plusieurs auteurs | jusqu’à trois, puis « u. a. » | tous les noms |
Entrée dans la bibliographie : Weber, Anna: Empirisch forschen. Ein Leitfaden für die Abschlussarbeit, 3. Auflage, Wiesbaden: Beispielverlag 2024.
Bibliographie, Literaturverzeichnis ou sitographie ?
Les départements d’histoire allemands emploient « Bibliografie » comme terme générique couvrant à la fois la liste des sources et celle de la littérature secondaire. Si tu as travaillé sur des archives ou des éditions de sources, le Quellenverzeichnis précède le Literaturverzeichnis. La sitographie française, elle, n’a pas d’équivalent allemand : l’ENSSIB rappelle qu’il n’existe pas de recommandation normative sur ce point, et les sources en ligne se rangent le plus souvent dans la liste principale.
⚠️ Attention
Chaque ouvrage cité en note doit figurer dans la bibliographie, et réciproquement. Vérifie-le dans les deux sens avant de rendre. Un titre en bibliographie que rien ne cite se repère aussi vite qu’une note sans entrée correspondante.
Erreurs fréquentes dans la méthode allemande
La plupart des points perdus sur la forme le sont non pour des données fausses, mais pour des données incohérentes. Quatre erreurs reviennent assez souvent pour justifier une relecture dédiée de l’appareil de notes avant de rendre.
Toutes les quatre se corrigent en une heure si tu lis les notes d’un bloc au lieu de les traiter une par une pendant la rédaction. Le poids donné aux défauts de forme figure dans le règlement des études de ton établissement.
Mélanger deux systèmes dans un même mémoire
Les références en note et les références entre parenthèses relèvent de deux systèmes distincts. Les mélanger coûte des points, même lorsque chaque donnée prise isolément est exacte. Cela arrive surtout quand on reprend des passages rédigés pour un autre cours, selon une autre consigne.
Garder l’appel de note avant la ponctuation
L’habitude française place l’appel avant le signe de ponctuation, l’usage allemand le place après le point quand la référence porte sur toute la phrase. Un texte rédigé en Allemagne mais ponctué à la française se repère immédiatement. Fais une passe uniquement sur ce point.
Employer « ebd. » par-dessus une note intermédiaire
Aucune autre note ne doit s’intercaler entre la note portant « ebd. » et la source visée. Les ajouts tardifs en sont la cause la plus fréquente : tu insères une phrase avec une nouvelle source, et le « ebd. » qui suit désigne soudain le mauvais ouvrage. Vérifie la note suivante après chaque ajout.
Traduire les titres allemands
Un titre allemand reste en allemand dans la référence, tout comme « Hrsg. », « Auflage » et « S. ». Les traduire rompt le lien avec les catalogues de bibliothèque, et qui veut vérifier la source ne la trouve plus. Si une traduction aide ton lecteur, place-la entre crochets après le titre original, pas à sa place.
Conclusion
La méthode de citation allemande est plus simple que sa réputation : une référence complète à la première mention, des références abrégées ensuite, et une bibliographie qui reprend les mêmes données sans la page citée. La difficulté n’est pas dans les règles mais dans leur application identique sur cent notes.
Quoi que montre ce guide, c’est celui de ton département qui tranche, y compris là où il s’écarte des modèles ci-dessus. En l’absence de guide, choisis une forme et tiens-la. Cet article ne remplace pas l’avis de ta direction de mémoire.
Pour aller plus loin
- Tu veux reprendre les bases ? Citer correctement : le guide
- Ton département préfère les parenthèses ? La méthode Harvard expliquée
- Tu cites un livre en ce moment ? Citer un livre : règles et exemples
Il te manque encore tes propres données ?
Les données d’une enquête que tu as menée toi-même ne se citent pas comme une source externe : tu les décris dans la partie méthodologie. Avec empirio.ai, un outil de sondage en ligne allemand, tu les collectes gratuitement. La construction du questionnaire est expliquée dans notre guide pour créer un questionnaire.
