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Collecte de données : méthodes, procédure incl. exemple

Un objectif essentiel de la collecte de données est de rassembler les données et chiffres qui représentent votre objet de recherche lors de l'analyse ultérieure de manière aussi précise et objective que possible.

par Maria MalzewMis à jour le 18 septembre 2023Temps de lecture 16 min

Ta question de recherche est posée, tes hypothèses sont formulées, et puis, lors d’un rendez-vous de suivi, ton directeur de mémoire lâche la phrase qui compte : « Et tes données, tu comptes les recueillir comment ? » C’est précisément là que se joue la solidité de ton travail : soit il tient jusqu’au bout, soit tu te retrouves dans la partie analyse avec des chiffres qui ne répondent pas à ta question.

La collecte de données est l’étape où tu traduis ta question de recherche en caractéristiques mesurables, où tu choisis une méthode comme l’enquête par questionnaire, l’observation, l’analyse de contenu ou l’expérimentation, puis où tu rassembles les données selon des règles fixées et notées à l’avance, pour qu’elles puissent être analysées ensuite et que d’autres puissent retracer ta démarche. Quelle méthode convient à quelle question, comment planifier ta collecte et ce qui doit en figurer dans ton mémoire : on te montre tout, étape par étape.


📌 L’essentiel en bref

  • Collecter des données, c’est les rassembler avec méthode, pas les analyser.
  • C’est ta question de recherche qui choisit la méthode, pas ton calendrier.
  • Les manuels de méthodologie présentent l’enquête comme le procédé de collecte dominant.
  • Pour 95 % de confiance et ±5 points, 385 réponses suffisent.
  • Chaque collecte se consigne au fil de l’eau, sinon ta partie méthodologie reste vide.

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Collecte de données : définition et différence avec l’analyse

La collecte de données est la partie d’une recherche où l’on rassemble et mesure des données selon des règles fixées à l’avance, afin qu’elles représentent l’objet étudié de la façon la plus fidèle et la moins biaisée possible. Tout ce qui arrive ensuite à ces données relève déjà de l’analyse.

Séparer collecte et analyse ressemble à une querelle de mots. C’est pourtant la source de remarques la plus fréquente à la correction. Collecter, c’est rassembler ; analyser, c’est calculer et interpréter. Dans ton mémoire, ce sont deux chapitres distincts, et tout ce que tu interprètes déjà dans le chapitre sur la collecte te manquera plus loin. La suite du travail est décrite dans notre article sur les méthodes d’analyse en recherche empirique.

Au cœur de toute collecte, il y a la mesure. Dans son manuel pratique de recherche quantitative, l’auteur allemand Jürgen Raithel (2008) la définit comme l’attribution systématique de nombres, les valeurs mesurées, à des objets selon des règles établies. Le mot qui compte dans cette définition, ce sont les règles. Sans elles, tu as rassemblé des impressions, pas des données.

Distinguer données primaires et données secondaires

Les données primaires, tu les recueilles toi-même pour ta propre question, par exemple avec un questionnaire ou un entretien. Les données secondaires proviennent d’une collecte menée par quelqu’un d’autre dans un autre but, comme les statistiques publiques ou un jeu de données déposé dans une archive de recherche. Les deux voies sont reconnues scientifiquement, et pour un mémoire de licence avec peu de temps, une analyse secondaire bien menée est souvent un choix plus judicieux qu’une collecte maison à 40 réponses.

Les données secondaires ont toutefois un revers, que tu dois signaler dans ta méthodologie : tu n’as aucune prise sur la formulation des questions. Si l’opérationnalisation de l’étude d’origine ne correspond pas à ta notion, le jeu de données mesure autre chose que ce que tu cherches.

Méthodes de collecte de données : sept procédés comparés

La littérature méthodologique distingue sept procédés qui reviennent régulièrement dans les travaux étudiants. Ils se distinguent moins par l’effort qu’ils demandent que par la forme de réponse qui finit dans ton fichier, et c’est sur ce critère que tu devrais fonder ton choix.

Le tableau ci-dessous indique pour chaque procédé à quoi il sert et sous quelle forme se présentent les données une fois recueillies. La troisième colonne est la plus sous-estimée : des transcriptions ne se traitent pas dans SPSS, et une matrice de chiffres ne répond à aucune question commençant par « pourquoi ».

MéthodeÀ quoi elle sertCe que tu obtiens à la fin
Enquête par questionnaire standardiséMesurer des fréquences et des liensMatrice de chiffres, une ligne par personne
Entretien semi-directifComprendre des motivations et des interprétationsTranscriptions en texte suivi
Entretien de groupeObserver comment un groupe discute et négocie un sujetTranscription avec les prises de parole
Observation structuréeSaisir le comportement réel plutôt que déclaréGrille d’observation codée
Analyse de contenuExploiter méthodiquement un matériau existantGrille de catégories avec codages
ExpérimentationTester une relation de cause à effetValeurs mesurées par condition expérimentale
Analyse secondaireRéexploiter des données recueillies par d’autresJeu de données prêt, issu d’une archive

Standardisé et qualitatif ne s’opposent pas : ce sont deux réglages du même curseur. Standardisé veut dire que tout le monde reçoit la même question dans le même ordre. Qualitatif veut dire que le déroulé s’adapte à la personne interrogée. Le bon réglage dépend de ce que tu cherches : compter ou comprendre.

L’enquête occupe une place à part dans cette liste. Raithel (2008) lui consacre un chapitre entier de son manuel, où il la présente comme le procédé de collecte dominant, et cela correspond à ce qui se passe réellement dans les mémoires. Ce qui caractérise une enquête et où s’arrêtent ses possibilités, notre article sur l’enquête l’explique.

Quelle méthode de collecte pour ta question de recherche

La méthode découle de la question, pas de ce qui semble faisable cette semaine. Si tu choisis d’abord l’outil et que tu construis la question autour, tu t’en rends compte au plus tard quand ton directeur de mémoire t’interroge sur la cohérence entre ta question et ton dispositif.

Un test simple aide : lis ta question de recherche à voix haute et repère le mot interrogatif. Il trahit presque toujours la méthode qui va avec.

Illustration d’une personne qui se demande quelle méthode de collecte de données convient à sa question de recherche

Cette correspondance entre mot interrogatif et méthode n’est pas une règle rigide, mais elle tient dans la grande majorité des travaux étudiants :

  • Combien, à quelle fréquence, dans quelle mesure : enquête par questionnaire standardisé ou analyse secondaire.
  • Pourquoi, comment les gens le vivent, quel sens ils y donnent : entretien semi-directif ou entretien de groupe.
  • Que font réellement les gens : observation structurée, car ce qu’on déclare s’écarte systématiquement de ce qu’on fait.
  • Que contiennent des textes, des publications ou des dossiers : analyse de contenu.
  • A provoque-t-il B : expérimentation avec au moins deux groupes.

S’il reste deux méthodes après ce test, c’est l’accès à ton terrain qui tranche. Une observation dans un établissement de soins exige une autorisation et souvent l’avis d’un comité d’éthique, un entretien semi-directif demande des personnes prêtes à t’accorder 45 minutes. Une enquête en ligne, elle, touche beaucoup de monde en même temps et sans prise de rendez-vous. Le lien entre la méthode et l’architecture d’ensemble de ton travail est expliqué dans notre article sur le plan de recherche.

💡 Conseil

Écris ta question de recherche et la méthode choisie côte à côte sur une feuille, puis montre-la à quelqu’un de ta promo qui ne connaît pas ton sujet. Si cette personne ne sait pas expliquer le lien en une phrase, ça ne colle pas encore.

Opérationnalisation : comment une notion devient une question

L’opérationnalisation consiste à traduire une notion théorique en quelque chose que l’on peut réellement saisir. Tant que « consommation régulière d’information » n’est qu’une expression, personne ne peut la mesurer, et deux lecteurs de ton mémoire y mettront deux choses différentes.

L’opérationnalisation commence dès la formulation de tes hypothèses et se poursuit jusqu’à chaque ligne du questionnaire. Elle passe toujours par les mêmes quatre étapes, et chacune a ensuite sa place dans ta méthodologie.

  1. Définir la notion. Dans ce mémoire, « consommation régulière d’information » signifie regarder, écouter ou lire l’actualité au moins cinq jours par semaine.
  2. Déterminer la caractéristique. La caractéristique mesurable est le nombre de jours par semaine où la personne s’informe.
  3. Fixer les modalités. Les valeurs possibles vont de zéro à sept jours.
  4. Formuler l’indicateur. La question du questionnaire est : « Combien de jours, au cours d’une semaine normale, consultes-tu l’actualité ? »

C’est à la troisième étape que se décide ce que tu auras le droit de calculer. Le nombre de jours est une grandeur métrique, alors que des appréciations comme « assez bien », « bien » et « très bien » sont seulement ordinales : rien ne garantit que l’écart entre « assez bien » et « bien » soit le même qu’entre « bien » et « très bien ». Quels indicateurs sont admis pour quel niveau de mesure, tu le décides donc dès maintenant, et pas au moment de l’analyse.

Ce que tu n’as pas opérationnalisé, tu ne l’as pas mesuré. Tu l’as seulement demandé.

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Planifier et mener la collecte de données en six étapes

Une collecte échoue rarement à cause de la méthode, et souvent à cause du calendrier. Entre la version définitive du questionnaire et la dernière réponse reçue, il s’écoule en général plusieurs semaines dans un travail étudiant, et ce temps ne se comprime pas, parce qu’il dépend d’autres personnes.

Les six étapes suivantes décrivent une enquête quantitative en ligne, parce que c’est le cas le plus fréquent. Pour un entretien ou une observation, le contenu des étapes change, mais leur ordre reste le même.

Étape 1 : fixer un calendrier avec de la marge

Planifie à rebours à partir de ta date de rendu. Retire d’abord le temps d’analyse et de rédaction, puis la durée du terrain, puis le prétest, puis la conception du questionnaire. Ce qui reste, c’est ta vraie date de départ. Pour un dossier de fin de semestre, compte environ trois à quatre semaines pour l’ensemble de la collecte ; pour un mémoire qui vise un échantillon représentatif, plutôt six.

Étape 2 : calculer la taille de l’échantillon

Le nombre de réponses nécessaires dépend à peine de la taille de ta population et presque uniquement de la précision que tu vises. Cela surprend beaucoup de monde, mais découle directement de la formule : au-delà d’une population d’environ un million de personnes, l’échantillon nécessaire ne bouge plus.

PopulationRéponses nécessaires
1 000 personnes278
10 000 personnes370
100 000 personnes383
1 million et plus385

Valeurs pour un niveau de confiance de 95 %, une marge d’erreur de ±5 points de pourcentage et le cas le moins favorable, une répartition de 50 contre 50.

Une chose reste vraie : un grand échantillon rend ta collecte plus précise, mais pas automatiquement représentative. Elle ne le devient que si les participants ont été tirés au hasard et que leur composition correspond au groupe sur lequel tu veux te prononcer. Ce qui compte à ce stade, notre article sur l’échantillon le détaille.

Étape 3 : rédiger le texte d’introduction et le recueil du consentement

Avant la première question vient un court texte qui dit qui mène l’étude, à quoi serviront les données et combien de temps prend la participation. Si tu collectes des données personnelles, il te faut à cet endroit un consentement libre, éclairé et révocable. Ce que cela implique sur le plan juridique, notre article sur la protection des données dans les enquêtes le résume.

Étape 4 : construire le questionnaire

L’ordre des questions n’est pas un détail de forme. Les questions sur le ressenti passent avant les questions sur le comportement, sinon le fait d’avoir réfléchi à ses habitudes médiatiques colore l’auto-évaluation qui suit. Les questions sociodémographiques vont à la fin, là où elles ne rebutent plus personne. Et chaque question mesure une seule caractéristique : si tu demandes la satisfaction et la recommandation dans la même phrase, tu obtiens une réponse qu’on ne peut attribuer ni à l’une ni à l’autre.

Illustration d’une collecte de données réalisée au moyen d’une enquête quantitative en ligne

Étape 5 : faire un prétest avec de vraies personnes

Envoie la version provisoire à dix ou vingt personnes proches de ton public cible, et demande-leur explicitement un retour sur la compréhension et la durée. Le prétest est l’endroit le moins cher de tout le projet pour trouver une erreur, car une fois la collecte lancée, tu ne peux plus rien modifier sans rendre inutilisables les réponses déjà recueillies.

Étape 6 : lancer le terrain et tout consigner

Note dès le premier jour ce que tu fais : date de début, date de fin, canaux de diffusion, nombre de personnes qui ont commencé et nombre de celles qui ont terminé. Ces notes ne sont pas du zèle, c’est la matière première de ta méthodologie. Qui les reconstitue après coup écrit de façon approximative, et c’est exactement ce qu’on remarque à la correction.

⚠️ Attention

Ne modifie plus aucune question après le lancement, pas même une formulation. Les réponses d’avant et d’après la modification portent sur des questions différentes et ne peuvent pas être analysées ensemble. Si tu repères une erreur, mieux vaut arrêter et relancer tant que tu n’as que quelques réponses.

Les erreurs typiques de la collecte de données

Les quatre erreurs suivantes reviennent sans cesse dans les mémoires. Toutes naissent pendant la conception de l’outil de collecte, où quelques minutes suffisent à les éviter, alors qu’elles sont irréparables au moment de l’analyse.

Leur point commun est un ordre de travail qui s’installe sans qu’on s’en rende compte : d’abord demander, ensuite réfléchir à ce qu’on fera des réponses. Si tu anticipes l’analyse, tu repères trois des quatre erreurs rien qu’en relisant ton brouillon.

Des modalités de réponse qui se chevauchent

Une question sur le temps passé chaque jour devant la télévision, avec les modalités « 0 à 2 heures », « 2 à 4 heures » et « 4 à 6 heures », a l’air propre et ne l’est pas. Qui regarde exactement deux heures trouve deux réponses possibles et en coche une au hasard. La bonne version : « moins de 2 heures », « de 2 à moins de 4 heures », « de 4 à moins de 6 heures ». Les modalités doivent s’exclure mutuellement et couvrir ensemble tous les cas.

Des échelles qui promettent plus qu’elles ne donnent

Une échelle d’accord en cinq points, de « pas du tout d’accord » à « tout à fait d’accord », est en toute rigueur ordinale, car rien ne prouve que les écarts entre les échelons soient égaux. Ce que cela implique pour les calculs autorisés est expliqué dans notre article sur l’échelle ordinale. En pratique, on traite souvent ces échelles comme des échelles d’intervalle et on en calcule des moyennes. C’est admissible si tu le dis et le justifies dans ta méthodologie, et c’est une erreur si tu le fais en silence.

Rendre obligatoire une question sur le sexe ou la civilité

Le 31 juillet 2025, le Conseil d’État a jugé que SNCF Connect ne pouvait pas obliger ses clients à indiquer leur civilité lors de l’achat d’un billet. Après avoir interrogé la Cour de justice de l’Union européenne, qui s’est prononcée le 9 janvier 2025, il a rappelé que le RGPD impose de ne recueillir que les données personnelles strictement nécessaires, et qu’une civilité demandée de façon facultative suffisait au but recherché. Le résumé de la décision se trouve sur le site du Conseil d’État.

Pour ton questionnaire, la leçon est simple. Ne pose une question sur le sexe ou le genre que si ta question de recherche en a vraiment besoin, et ne la rends pas obligatoire : prévois une modalité « je préfère ne pas répondre » et ne te limite pas d’office à deux cases. Cet ajustement ne te coûte rien et t’épargne une critique que les correcteurs relèvent de plus en plus souvent.

Chercher la méthode d’analyse après la collecte

Le choix de la procédure statistique se fait avant la collecte, pas après. Une mesure d’association entre deux variables exige d’autres données qu’une comparaison de moyennes entre deux groupes, et c’est ton questionnaire qui décide si ton jeu de données le permet. Notre article sur la statistique descriptive et inférentielle montre quelle procédure suppose quel type de données.

Décrire la collecte de données dans ton mémoire

Ta partie méthodologie n’explique pas comment fonctionne la collecte de données en général, seulement ce que tu as fait, toi. Le critère est simple : une personne extérieure doit pouvoir refaire ta collecte à partir de ton seul texte.

Pour voir à quoi ressemble une telle fiche technique, inspire-toi des études professionnelles. Pour son enquête Conditions de vie des étudiants 2023, l’Observatoire national de la vie étudiante (OVE) indique l’organisme qui la réalise (l’OVE lui-même), le mode de collecte (un questionnaire en ligne), la période de terrain (du 13 mars au 21 mai 2023), la taille de l’échantillon (plus de 260 000 étudiants invités, près de 80 000 participants, soit un taux de réponse brut de 31 %, et 49 523 questionnaires entièrement remplis exploités) et la procédure d’échantillonnage (une sélection aléatoire, puis une pondération d’après les inscriptions effectives dans les établissements). Tout figure dans la brochure Repères 2023 de l’OVE. Ta méthodologie a besoin exactement de ces cinq rubriques, avec tes propres chiffres.

Illustration d’une personne qui se demande à quel endroit du mémoire placer la collecte de données

La place de ce chapitre est largement établie. La collecte vient après le plan de recherche et avant l’analyse :

  1. Introduction avec la question de recherche
  2. Cadre théorique et état de la recherche
  3. Plan de recherche avec hypothèses, choix de la méthode et échantillon
  4. Collecte des données : outil, période de terrain, taux de réponse
  5. Analyse des données
  6. Résultats
  7. Discussion et conclusion

Le taux de réponse inclut aussi ce qui n’a pas marché. Les abandons, les questionnaires incomplets et une répartition par âge déséquilibrée ne sont pas des défauts, mais une partie du résultat, et un mémoire qui les nomme ouvertement paraît plus maîtrisé qu’un mémoire qui les passe sous silence. La place de la collecte dans l’ensemble de la démarche est décrite dans notre article sur le processus de recherche empirique.

Notre conseil de lecture : de Singly, François (2020). Le questionnaire. 5e édition. Armand Colin, collection « 128 ». En particulier les deux chapitres sur la fabrication du questionnaire, dont celui consacré aux règles du questionnement.

Conclusion

La meilleure collecte de données est celle que tu mènes proprement à son terme dans le temps dont tu disposes. Une petite enquête bien documentée avec 120 réponses porte un mémoire plus loin qu’un dispositif mixte ambitieux dont les données manquent encore trois semaines avant le rendu. Décide tôt, note tout au fur et à mesure, et formule toi-même les limites de ta collecte avant que le jury ne s’en charge.

Pour aller plus loin


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Questions fréquentes

La collecte de données est l’étape d’une recherche où l’on rassemble et mesure des données selon des règles fixées à l’avance, afin qu’elles représentent l’objet étudié de la manière la plus fidèle et la moins biaisée possible. L’analyse de ces données est une étape distincte, qui vient ensuite. Dans un mémoire, collecte et analyse font donc l’objet de deux chapitres séparés.

Sept procédés reviennent régulièrement dans les travaux étudiants : l’enquête par questionnaire standardisé, l’entretien semi-directif, l’entretien de groupe, l’observation structurée, l’analyse de contenu, l’expérimentation et l’analyse secondaire de données existantes. C’est la question de recherche qui décide lequel convient : on compte avec un questionnaire, on comprend avec un entretien et on teste une relation de cause à effet avec une expérimentation.

Avec un niveau de confiance de 95 % et une marge d’erreur de ±5 points, 385 réponses exploitables suffisent dès que la population atteint un million de personnes ou plus. Pour 10 000 personnes, il en faut 370, pour 1 000 personnes, 278. Un grand échantillon rend l’enquête plus précise, mais pas automatiquement représentative : pour cela, il faut une sélection aléatoire.

La collecte de données couvre le rassemblement méthodique des données, c’est-à-dire l’outil, la période de terrain et le taux de réponse. L’analyse couvre tout ce qui arrive ensuite à ces données : préparation, calculs et interprétation. Dans un mémoire, ce sont deux chapitres distincts, et ce que tu interprètes déjà dans la partie collecte te manquera dans la partie analyse.

L’opérationnalisation est la traduction d’une notion théorique en quelque chose de mesurable. Elle se déroule en quatre étapes : définir la notion, déterminer une caractéristique mesurable, fixer les modalités possibles de cette caractéristique, puis formuler la question concrète ou l’indicateur. C’est à ce stade que se décide le niveau de mesure, et donc les calculs que tu pourras faire ensuite.

Pour un dossier de fin de semestre, trois à quatre semaines pour l’ensemble de la collecte sont réalistes ; pour un mémoire qui vise un échantillon plus large, compte plutôt six semaines. Planifie à rebours depuis ta date de rendu, car la période de terrain et le retour des réponses dépendent d’autres personnes et ne se laissent pas raccourcir.

La partie méthodologie comporte cinq informations : l’outil de collecte utilisé, le mode de collecte, la période de terrain avec ses dates de début et de fin, la taille de l’échantillon et la procédure de sélection. S’y ajoutent les abandons et les questionnaires incomplets, car ils font eux aussi partie du résultat et montrent que tu maîtrises ta démarche.

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