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Plan de recherche : Définition, guide et méthodes

Le plan de recherche est le schéma d’ensemble de ton enquête, la méthode n’en est qu’une partie. Où passe la limite et sur quoi tu décides vraiment.

Autrice chez empirio.ai - Maria Malzewpar Maria MalzewMis à jour le 10 septembre 2026Temps de lecture 13 min

« Décrivez-nous votre plan de recherche. » Cette phrase revient à chaque rendez-vous de suivi de mémoire et laisse beaucoup d’étudiantes et d’étudiants sans réponse. Beaucoup commencent par rédiger un questionnaire et découvrent au moment de l’analyse que la vraie décision aurait dû tomber bien plus tôt.

Un plan de recherche est le schéma d’ensemble de ton enquête : il fixe l’objectif de connaissance visé, l’origine des données, leur nature qualitative ou quantitative, le lieu et le nombre de moments de recueil, ainsi que le nombre de cas étudiés. La méthode en découle, jamais l’inverse. À la fin de cet article, tu sauras décrire ton propre plan en six décisions et justifier chacune d’elles.


📌 L’essentiel en un coup d’œil

  • Le plan de recherche est le schéma, la méthode en découle.
  • Six décisions suffisent à décrire un plan complet.
  • La méthodologie française oppose questionnaire et entretien.
  • Une enquête transversale montre des liens, jamais des causes.
  • Le jury note la justification, pas la quantité de travail.

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Qu’est-ce qu’un plan de recherche ? Définition et utilité

Un plan de recherche est le dispositif méthodologique d’ensemble d’une enquête empirique. Le plan décrit comment l’étude est construite, et cela bien avant que la première question soit rédigée et la première personne interrogée.

Le même objet circule sous plusieurs noms dans les manuels francophones : dispositif d’enquête, protocole de recherche, design de recherche ou, en anglais, research design. Les six décisions présentées ici sont notre sélection, celle qui porte réellement un mémoire de licence ou de master ; les manuels de méthodologie en distinguent davantage, surtout pour les protocoles expérimentaux, rares dans un travail étudiant.

Ce que ton plan de recherche fixe

  • L’objectif de connaissance avec lequel tu abordes le sujet.
  • L’origine des données que tu vas exploiter.
  • La nature des données : qualitative, quantitative ou les deux.
  • Le lieu du recueil, sa fréquence et le nombre de cas.

Ce qu’il laisse volontairement ouvert

  • La formulation exacte de tes questions.
  • Le logiciel de recueil et d’analyse.
  • Le test statistique précis.
  • Les règles de forme, mise en page et citations.

L’utilité de cette séparation apparaît au plus tard à la soutenance. Qui sait nommer son plan répond en une phrase aux questions sur la portée des résultats, parce que les limites de l’étude sont déjà inscrites dans le plan lui-même.

Le plan décide de ce que ton étude peut montrer. La méthode décide seulement de la propreté du geste.

Plan de recherche ou méthode de recherche : où est la différence ?

Le plan de recherche répond à la question de savoir comment l’enquête est construite, la méthode de recherche répond à la question de savoir avec quoi les données sont recueillies. Les deux niveaux ne sont pas côte à côte mais l’un au-dessus de l’autre : du plan découle la liste des méthodes encore possibles.

La confusion entre ces deux niveaux est la première raison pour laquelle un chapitre de méthodologie revient corrigé. « Je fais un questionnaire en ligne » décrit une méthode et laisse cinq décisions sur six en suspens. L’encadrant demande alors l’objectif de connaissance, le nombre de moments de recueil ou le mode de sélection des cas, et la méthode seule n’a pas de réponse à cela.

NiveauLa question poséeExemple
Plan de rechercheComment l’enquête est-elle construite ?quantitative, terrain, transversale, échantillon
Méthode de rechercheAvec quoi recueille-t-on les données ?enquête par questionnaire standardisé
Instrument de recueilAvec quoi mesure-t-on concrètement ?questionnaire de 24 questions fermées
Méthode d’analyseComment traite-t-on les données ?analyse de corrélation sous SPSS

Chaque ligne du tableau est restreinte par celle qui la précède. Un plan transversal ferme certaines analyses, un plan qualitatif ferme la porte au questionnaire standardisé. Commencer par l’instrument oblige presque toujours à revenir en arrière. Le panorama des méthodes de recherche empiriques montre ce qui existe au deuxième niveau.

Construire son plan de recherche : les six décisions

Un plan de recherche naît de six décisions qui tombent dans cet ordre : objectif de connaissance, origine des données, nature des données, lieu du recueil, nombre de moments de recueil et nombre de cas étudiés. Chacune restreint la suivante, sauter une étape coûte donc du temps plus tard.

Le tableau ci-dessous est notre sélection, taillée pour ce qu’un mémoire de recherche empirique demande vraiment de trancher. Prends-le comme un questionnaire adressé à toi-même : qui sait remplir les six lignes tient son plan de recherche, même sans avoir écrit une seule phrase.

DécisionLa question directriceLes réponses courantes
Objectif de connaissanceQue veux-tu découvrir ?exploratoire, descriptif, explicatif
Origine des donnéesD’où viennent les données ?recueil propre ou données existantes
Nature des donnéesAvec quel matériau travailles-tu ?questionnaire, entretien ou les deux
LieuOù a lieu le recueil ?laboratoire ou terrain
Moments de recueilCombien de fois recueilles-tu ?transversale ou longitudinale
Unités d’observationCombien de cas ?cas unique, échantillon, enquête exhaustive

Décision 1 : quel objectif de connaissance vises-tu ?

L’objectif de connaissance fixe la portée que ta conclusion aura le droit d’avoir. Une étude exploratoire défriche un terrain peu documenté et produit des hypothèses, une étude descriptive établit des fréquences et des répartitions, une étude explicative met à l’épreuve un lien supposé. Loin d’être une étiquette, ce choix engage la suite : en exploratoire, rien ne sera « démontré » à la fin, et en explicatif, il faut des hypothèses testables dès le départ. La distinction complète est détaillée dans notre article sur les recherches exploratoire, descriptive et explicative.

Décision 2 : recueilles-tu tes propres données ou réutilises-tu des données existantes ?

L’origine des données est la décision qui fait gagner le plus de temps et qui est le plus rarement prise consciemment. À côté du recueil propre existe l’analyse secondaire, c’est-à-dire l’exploitation de données produites par d’autres. En France, le catalogue Quetelet-Progedo Diffusion rassemble les enquêtes de l’ADISP, qui diffuse les données de l’INSEE, et celles de l’INED ; d’après ses conditions d’accès, ces données sont gratuites pour les doctorants et les étudiants à des fins de recherche, après création d’un compte avec une adresse institutionnelle. Un mémoire empirique sans enquête propre n’est donc pas un pis-aller, c’est un plan à part entière.

Décision 3 : enquête par questionnaire ou enquête par entretien ?

La nature des données se joue en France sur l’opposition entre l’enquête par questionnaire et l’enquête par entretien, et ce choix commande tout le reste du travail. Le questionnaire produit des réponses standardisées, chiffrables, sur un grand nombre de personnes. L’entretien produit, selon la ressource méthodologique esc@les de l’ENSFEA, « essentiellement des opinions, des motivations, c’est-à-dire des informations qualitatives », sur peu de cas mais en profondeur ; la même source distingue l’entretien non directif, directif et semi-directif et rappelle que l’entretien est souvent choisi pour compléter une enquête par questionnaire. La grille plus large du qualitatif et du quantitatif range ces deux familles dans une opposition connue au-delà de la France.

Décision 4 : le recueil se fait-il en laboratoire ou sur le terrain ?

Le lieu du recueil règle la part de contrôle que tu gardes sur les influences parasites. En laboratoire, la situation est construite et les conditions peuvent être variées volontairement, au prix d’une perte de réalisme. Sur le terrain, les personnes sont observées ou interrogées dans leur environnement habituel, avec tout ce qui y agit. Un mémoire se déroule presque toujours sur le terrain, et une enquête en ligne en fait expressément partie. L’essentiel est de présenter ce choix comme un choix, pas comme une évidence.

Décision 5 : recueilles-tu une seule fois ou plusieurs ?

Le nombre de moments de recueil sépare l’enquête transversale de l’enquête longitudinale et décide si tu as le droit de parler d’évolution. Une enquête transversale recueille une fois et montre un état, une enquête longitudinale recueille plusieurs fois et montre un mouvement. L’étude Elfe, menée par l’INED et l’Inserm, en donne la mesure : plus de 18 000 enfants nés en France métropolitaine en 2011, soit un enfant sur cinquante parmi les naissances de cette année-là, sont suivis sur vingt ans. Dans un mémoire, le transversal reste la norme, parce que le calendrier laisse rarement la place à une seconde vague.

Décision 6 : combien de cas étudies-tu ?

Le nombre d’unités d’observation va du cas unique à la population entière. Une étude de cas porte sur un seul terrain, un établissement ou une entreprise par exemple, mais en grande profondeur. Une enquête par échantillon interroge une sélection tirée de la population de référence et généralise ensuite à l’ensemble. Une enquête exhaustive interroge tout le monde, ce qui reste exceptionnel hors recensement ou petit groupe bien délimité. Le choix de la méthode de tirage et de la taille est expliqué dans notre article sur l’échantillon.

Plan de recherche : deux exemples tirés de mémoires

Un plan de recherche devient concret dès que les six décisions sont remplies pour une question précise. Les deux exemples ci-dessous viennent de mémoires ordinaires et diffèrent sur chacune des lignes, alors que le thème général est le même.

Mettons-les côte à côte. À gauche, une étudiante qui veut savoir à quel point un comportement est répandu ; à droite, un étudiant qui veut comprendre pourquoi les gens agissent ainsi. La même curiosité de départ donne deux plans qui n’ont presque rien en commun.

DécisionQuestionnaire en ligne, étudiantsEntretiens, personnel soignant
Question de rechercheÀ quelle fréquence les étudiants utilisent-ils l’IA pour rédiger ?Comment le personnel soignant vit-il la traçabilité numérique ?
Objectif de connaissancedescriptif, avec test d’hypothèsesexploratoire
Origine des donnéesrecueil proprerecueil propre
Nature des donnéesenquête par questionnaireenquête par entretien
Lieuterrain, en ligneterrain, sur le lieu de travail
Moments de recueiltransversale, une vaguetransversale, un rendez-vous par personne
Unités d’observationéchantillon d’environ 200 personnesdix entretiens semi-directifs

Les deux plans sont complets et aucun n’est meilleur que l’autre. Les dix entretiens ne valent pas moins que les 200 questionnaires, ils répondent simplement à une autre question. Une fois la colonne de gauche remplie pour ton propre sujet, le plan de ton chapitre de méthodologie est déjà écrit.

💡 Astuce

Note tes six lignes sur une demi-page et envoie-les à ton encadrant avant le dépôt du projet. Un plan se corrige en dix minutes d’entretien, un recueil déjà lancé ne se corrige plus.

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Rédiger son plan de recherche : ce qui va dans le chapitre méthodologie

Le plan de recherche occupe dans un mémoire un chapitre à part, entre la partie théorique et les résultats, et explique en quelques pages comment tu as procédé et pourquoi. La description est rarement notée ; la justification, presque toujours.

L’ordre interne du chapitre varie peu d’une discipline à l’autre, parce qu’il suit le déroulement réel de l’enquête. La référence reste la fiche de consignes de ton département, car certaines formations exigent les hypothèses dans la partie théorique.

  1. Question de recherche et hypothèses. Ce dont l’enquête découle.
  2. Objectif de connaissance et type de plan. Les six décisions, rédigées.
  3. Choix de la méthode de recueil. Avec justification, pas seulement avec un nom.
  4. Échantillon et accès au terrain. Mode de tirage, taille, taux de réponse.
  5. Instrument et pré-test. Structure, échelles, corrections après le pré-test.
  6. Méthode d’analyse. Quel traitement, appliqué à quelle question.
  7. Limites du plan. Ce que cette construction ne peut pas montrer.

L’écart entre une bonne et une moyenne note se loge presque toujours aux points 3 et 7. Quatre questions transforment un procès-verbal en argumentation : pourquoi cette méthode plutôt qu’une autre, pourquoi cette sélection de cas, pourquoi ce traitement des données et quelles limites chacun de ces choix entraîne.

⚠️ Attention

La CNIL rappelle dans ses questions-réponses sur la recherche scientifique hors santé que, sauf chercheur indépendant, le responsable de traitement est l’organisme au sein duquel la recherche est menée, donc ton université, et non toi. La même page précise que les fichiers papier sont eux aussi soumis au RGPD. Contacte donc ton service compétent avant le recueil, pas après.

La place de ce chapitre dans le plan général est décrite dans notre article sur le travail empirique. Pour le questionnaire, suis notre méthode pour créer un questionnaire.

Les erreurs courantes dans un plan de recherche

La plupart des problèmes de méthodologie ne viennent pas d’un manque de connaissances, mais d’une décision prise tôt dont plus personne n’a reparlé ensuite. Quatre erreurs reviennent particulièrement souvent.

Fait notable, les quatre se corrigent pour presque rien pendant les premières semaines et plus du tout une fois le recueil terminé. Le plan de recherche se fixe donc avant le dépôt du sujet, pas après.

La méthode est arrêtée avant la question

Commencer par « je fais un questionnaire en ligne », c’est chercher ensuite une question qui s’y adapte. Le jury le repère, parce que le chapitre de méthodologie ne peut alors contenir aucune justification : il n’y a jamais eu d’arbitrage. Inverse l’ordre et resserre d’abord la question jusqu’à ce qu’un objectif de connaissance en découle. La méthode tombe presque toute seule ensuite, et tes hypothèses avec elle.

Le plan ne tient pas dans le temps imparti

Une enquête longitudinale sur deux semestres, une enquête exhaustive à l’échelle d’une grande ville, trente entretiens à transcrire : séduisant sur le papier, infaisable en quatre mois. Calcule la phase de terrain de façon réaliste, car les réponses n’arrivent pas le premier jour et la transcription prend environ cinq fois la durée d’enregistrement. Un petit plan mené proprement vaut mieux qu’un grand plan rendu à moitié.

Une enquête transversale devient une affirmation causale

L’erreur de fond la plus fréquente apparaît dans le chapitre des résultats, sous la forme « X entraîne Y » à partir d’un recueil unique. Une enquête transversale montre seulement que deux caractéristiques apparaissent ensemble, pas laquelle produit l’autre. Formule ces résultats comme des liens (« est associé à », « va de pair avec ») et indique en discussion quel plan aurait été nécessaire pour une affirmation causale.

Le plan est décrit, mais jamais justifié

Beaucoup de mémoires nomment correctement leur plan et laissent ouverte la raison de ce choix. Le jury ne peut alors pas distinguer une décision réfléchie d’un simple enchaînement de circonstances. Écris une phrase avec « parce que » pour chacune des six décisions, même si elle te paraît banale. Quatre phrases de ce type changent la perception du chapitre entier.

Conclusion

Le plan de recherche est plus prévisible que le terme ne le laisse croire : six décisions, deux ou trois réponses courantes pour chacune, et le reste du mémoire en découle presque seul. Prends-les consciemment et dans le bon ordre, avant de construire le premier questionnaire. Note ensuite un « parce que » pour chaque décision, car c’est exactement là-dessus que ton chapitre de méthodologie sera jugé.

Pour aller plus loin


Ton plan tient debout et il ne manque que le recueil ?

Avec empirio.ai, un outil de sondage en ligne venu d’Allemagne, tu construis le questionnaire qui correspond à ton plan et tu exportes les réponses directement pour l’analyse.

Construire le questionnaire de ton plan de recherche

Questions fréquentes

Un plan de recherche est le dispositif méthodologique d’ensemble d’une enquête empirique. Le plan fixe l’objectif de connaissance visé, l’origine des données, leur nature qualitative ou quantitative, le lieu et le nombre de moments de recueil, ainsi que le nombre de cas étudiés. Les manuels parlent aussi de dispositif d’enquête, de protocole de recherche ou de design de recherche.

Le plan de recherche décrit comment l’enquête est construite, la méthode décrit avec quoi les données sont recueillies. Les deux niveaux se superposent au lieu de se juxtaposer, car du plan découle la liste des méthodes encore possibles. Un plan transversal ferme certaines analyses, un plan par entretien ferme la porte au questionnaire standardisé.

Un plan de recherche se décrit par six décisions. Objectif de connaissance, exploratoire, descriptif ou explicatif. Origine des données, recueil propre ou données existantes. Nature des données, questionnaire ou entretien. Lieu, laboratoire ou terrain. Moments de recueil, transversal ou longitudinal. Enfin le nombre de cas, du cas unique à l’enquête exhaustive.

Un plan de recherche se construit en six étapes, à partir de la question de recherche. Fixe successivement l’objectif de connaissance, l’origine des données, la nature des données, le lieu du recueil, le nombre de moments de recueil et le nombre de cas. Note les réponses sur une demi-page et fais-les valider par ton encadrant avant de lancer le recueil.

Le plan de recherche occupe un chapitre entre la partie théorique et les résultats. Sept points y reviennent presque toujours : question et hypothèses, type de plan, méthode de recueil justifiée, échantillon et accès au terrain, instrument et pré-test, méthode d’analyse, puis limites du plan. La fiche de consignes du département reste la référence.

Une enquête transversale recueille les données une seule fois et décrit un état, une enquête longitudinale recueille plusieurs fois et décrit une évolution. Une enquête transversale permet donc de lire des liens, jamais des causes. Dans un mémoire, le transversal reste la règle, faute de temps pour organiser une seconde vague de recueil.

Un mémoire empirique sans recueil propre est possible et porte le nom d’analyse secondaire. Des données produites par d’autres sont alors exploitées. En France, le catalogue Quetelet-Progedo Diffusion réunit les enquêtes de l’ADISP et de l’INED et les ouvre gratuitement aux étudiants à des fins de recherche. Ton encadrant décide si la discipline l’accepte.

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