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Qu'est-ce qu'une thèse de doctorat? Définition et exemple

Thèse, doctorat, dissertation : trois mots souvent confondus. Ce que recouvre chacun en France, comment se déroule un doctorat et pourquoi les mentions ont disparu.

Autrice chez empirio.ai - Maria Malzewpar Maria MalzewMis à jour le 21 septembre 2026Temps de lecture 16 min

En français, « dissertation » et « thèse » ne désignent pas la même chose, et la confusion vient d'ailleurs. Une dissertation est un exercice de rédaction argumentative que tu pratiques au lycée puis dans les premières années d'université. La thèse de doctorat, elle, est un travail de recherche original mené sur plusieurs années. L'anglais dissertation et l'allemand Dissertation désignent bien le travail doctoral, le français non.

Une thèse de doctorat est le travail personnel de recherche par lequel une personne obtient le diplôme national de doctorat. Préparée au sein d'une école doctorale, elle doit produire des connaissances nouvelles, être examinée par au moins deux rapporteurs puis soutenue publiquement devant un jury de quatre à huit membres. À la fin de cet article, tu sauras ce qui sépare une thèse d'un mémoire de master et ce que le cadre national exige réellement.


📌 L'essentiel en bref

  • Le mot « dissertation » désigne en France un exercice de rédaction, jamais le doctorat.
  • 14 900 doctorats ont été délivrés en France en 2025.
  • La préparation dure trois ans en équivalent temps plein, six ans au maximum.
  • Aucune mention n'est plus délivrée pour le doctorat depuis 2016.
  • Le dépôt électronique de la thèse conditionne la soutenance.

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Définition de la thèse de doctorat

Une thèse de doctorat est un travail personnel de recherche, mené au sein d'une école doctorale, qui conduit à la production de connaissances nouvelles. L'arrêté du 25 mai 2016 fixant le cadre national de la formation doctorale, modifié par l'arrêté du 26 août 2022, le pose dès son premier article : la formation doctorale est « une formation à et par la recherche et une expérience professionnelle de recherche ». Le diplôme, délivré par un établissement public d'enseignement supérieur accrédité, confère à son titulaire le grade et le titre de docteur.

Un seul critère sépare la thèse de tout autre travail universitaire : la nouveauté. Dans un mémoire de master, tu montres que tu maîtrises les méthodes de ta discipline. Dans une thèse, tu dois ajouter quelque chose à l'état des connaissances. Le jury apprécie d'ailleurs, au moment de délibérer, « la qualité des travaux du doctorant, leur caractère novateur, l'aptitude du doctorant à les situer dans leur contexte scientifique ». Pour resituer les diplômes qui précèdent, l'article sur ce qu'est une thèse fait le point.

Le format, lui, reste libre. Rien n'impose de traiter le sujet de façon théorique, empirique ou appliquée. L'exigence porte sur la rigueur méthodologique et sur la prise en compte complète de l'état de l'art. Une thèse qui livre des résultats inédits sans les situer dans la littérature existante manque sa cible.

Le règlement de ton école doctorale prime

L'arrêté de 2016 fixe le cadre national mais chaque école doctorale adopte son propre règlement intérieur et chaque établissement sa charte du doctorat. Nombre de rapporteurs, langue du manuscrit, thèse sur articles, conditions de prolongation : les détails se jouent là. Tout ce qui suit décrit le cas général.

Thèse, doctorat, dissertation : les mots à ne pas confondre

La thèse est le document, le doctorat est le diplôme et la soutenance est l'épreuve orale au terme de laquelle le jury prononce l'admission. Quant à la dissertation, elle appartient à un tout autre registre : celui des exercices de rédaction du secondaire et du premier cycle. Traduire l'anglais dissertation par « dissertation » reste l'un des contresens les plus répandus sur le sujet.

La distinction n'a rien d'une querelle de vocabulaire. Elle commande la façon dont tu cherches de l'information : taper « dissertation » dans un moteur te renvoie vers des méthodes de composition en trois parties, pas vers le cadre national du doctorat.

TermeCe qu'il désigne en France
Thèsele manuscrit de recherche lui-même
Doctoratle diplôme national et la formation qui y mène
Docteurle grade et le titre conférés par le diplôme
Soutenancel'épreuve orale publique devant le jury
École doctoralela structure qui organise la formation doctorale
Dissertationun exercice de rédaction argumentative, sans lien avec le doctorat

Une expression manque volontairement dans ce tableau : « patron de thèse ». Le terme circule dans les laboratoires mais n'a aucune existence réglementaire. Les textes parlent du directeur ou de la directrice de thèse, éventuellement d'un codirecteur, et confient au conseil de l'école doctorale le soin de fixer le nombre maximum de doctorants encadrés par une même personne.

Exemple : comment une thèse est structurée

Une thèse empirique suit, dans la plupart des disciplines, la même trame qu'un mémoire empirique, avec beaucoup plus de profondeur à chaque étape. Un exemple construit en sciences sociales rend la chose concrète. Aucune thèse réelle n'est décrite ici, seule l'articulation des parties compte.

Imaginons un sujet : « L'influence du télétravail sur l'attachement à l'employeur ». Le plan pourrait ressembler à ceci :

  1. Introduction et lacune de recherche. L'état de l'art est exposé puis la question restée ouverte est identifiée. Cette lacune justifie l'existence même du travail.
  2. Cadre théorique. Les théories de l'engagement et de la motivation sont mises en regard et le choix de celle qui fonde la démarche est argumenté.
  3. Questions de recherche et hypothèses. Des énoncés testables sont dérivés de la théorie. La méthode pour formuler une question de recherche détaille ce passage délicat.
  4. Méthode. Design, échantillon, instrument, prétest, éthique et protection des données sont documentés de façon qu'une autre équipe puisse reproduire l'étude.
  5. Résultats. Les analyses sont présentées sans être encore interprétées.
  6. Discussion. Les résultats sont ramenés à la théorie, les limites sont nommées et des prolongements sont proposés.

L'enchaînement n'a rien de propre au doctorat. Il correspond à la structure habituelle d'un travail scientifique. La thèse ajoute une exigence sur la discussion : elle doit énoncer ce que la recherche sait désormais et ne savait pas auparavant. Un chapitre de résultats impeccable suivi d'une discussion descriptive reste une thèse fragile.

Thèse monographique ou thèse sur articles

Une thèse monographique est un texte continu, écrit d'un seul tenant. Une thèse sur articles rassemble plusieurs publications scientifiques du doctorant, reliées par un texte de cadrage qui les situe. Le choix entre les deux formes ne dépend pas de toi : chaque école doctorale tranche dans son règlement intérieur.

L'écart d'une école à l'autre est net. Le règlement intérieur de l'école doctorale Chimie moléculaire de Paris Centre (ED 406), portée par Sorbonne Université, prévoit que le manuscrit « peut être classique ou sur articles », à deux conditions : qu'il ne soit jamais rédigé entièrement sur articles et qu'une demande justifiée soit adressée à la direction avant toute rédaction. À l'opposé, l'école doctorale SPIM de Bourgogne Franche-Comté écrit dans son règlement qu'elle n'autorise pas le manuscrit sous forme d'articles.

CritèreMonographieSur articles
Formeun texte continuplusieurs articles plus un cadrage
Évaluationrapporteurs puis juryrapporteurs et jury, après le peer review des revues
Calendriertout est remis à la finla publication avance pendant le doctorat
Risquelongue période sans retour extérieurdépendance aux délais des revues

Les écoles doctorales qui acceptent la thèse sur articles demandent presque toutes la même architecture : une introduction générale exposant les objectifs, un chapitre entier de revue bibliographique, une introduction propre à chaque article précisant l'apport personnel du doctorant, puis une discussion qui relie l'ensemble. L'ED 406 va jusqu'à préciser que l'article repris dans un chapitre ne doit pas être la version éditée par la revue mais une version enrichie de résultats non publiés. Aucun nombre d'articles n'est fixé au niveau national.

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Combien de pages fait une thèse ?

Aucun texte réglementaire français ne fixe un nombre de pages pour une thèse de doctorat. L'arrêté du 25 mai 2016 ne dit rien du volume du manuscrit, ni minimum ni maximum. Le critère retenu est scientifique, pas quantitatif.

Réponse frustrante, mais c'est la seule qui soit vérifiable à la source. Les règlements intérieurs d'écoles doctorales que nous avons consultés, de Sorbonne Université à Paris-Saclay en passant par Bourgogne Franche-Comté, ne comportent pas davantage de seuil : ils encadrent la langue du manuscrit, la structure attendue, les délais de dépôt, jamais la longueur. Les fourchettes qui circulent sur le web proviennent presque toujours de prestataires de relecture ou de rédaction, sans base de données vérifiable.

Une chose se dit néanmoins sérieusement : l'usage découle des conventions disciplinaires. En sciences humaines et sociales, les manuscrits sont nettement plus longs qu'en sciences exactes et une thèse sur articles est par nature plus courte qu'une monographie sur le même sujet. Les seules longueurs chiffrées trouvées dans des textes officiels concernent des pièces annexes : l'ED 406 limite à quatre pages le résumé introductif d'une thèse sur articles et exige, pour un manuscrit rédigé en anglais, un résumé substantiel de vingt à trente pages en français.

Ne demande pas combien de pages il faut écrire. Demande à ta direction de thèse quels manuscrits font référence dans ta discipline.

Combien de temps dure un doctorat ?

La préparation du doctorat s'effectue en règle générale en trois ans en équivalent temps plein consacré à la recherche. L'arrêté du 25 mai 2016 le précise et fixe à six ans la durée maximale dans les autres cas. Des prolongations annuelles restent possibles à titre dérogatoire, sur demande motivée du doctorant et après avis du comité de suivi individuel et de la direction de l'école doctorale. Un congé de maternité, de paternité, d'adoption ou un arrêt maladie de plus de quatre mois prolongent la durée du temps correspondant, sur demande.

La réalité mesurée s'éloigne de la règle. Selon la note flash du SIES publiée en juillet 2026, 42 % des thèses soutenues en 2025 l'ont été en moins de quarante mois. L'écart entre domaines est spectaculaire : 59 % en sciences exactes et applications, 48 % en sciences du vivant et seulement 11 % en sciences humaines et sociales, où 65 % des doctorants mettent cinquante-deux mois ou davantage.

Le vivier, lui, bouge peu. À la rentrée 2025, environ 70 000 personnes préparaient une thèse en France, dont 17 000 en première année, réparties dans 291 écoles doctorales accréditées par le ministère. Parmi les primo-inscrits, 79 % bénéficient d'un financement dédié, une proportion qui tombe à 50 % en sciences humaines et sociales contre 98 % en sciences exactes et applications.

Côté diplômes, 14 900 doctorats ont été délivrés en 2025, soit 1,0 % de plus qu'en 2024. Le niveau reste inférieur à celui de 2023, année gonflée par un effet de rattrapage après la pandémie. Qui établit un rétroplanning a donc tout intérêt à partir des chiffres de son domaine plutôt que de la règle des trois ans.

Comment se déroule un doctorat ?

Un doctorat ne commence pas par l'écriture mais par une inscription prononcée par le chef d'établissement, sur proposition du directeur de l'école doctorale. Six étapes structurent ensuite le parcours.

  1. Sujet, direction et inscription. L'inscription en première année intervient après avis du directeur de thèse et du directeur de l'unité de recherche sur la qualité du projet et les conditions de sa réalisation.
  2. Charte du doctorat et convention de formation. La charte est signée dès la première inscription par toutes les parties prenantes. La convention de formation précise le calendrier du projet, les modalités d'encadrement, les conditions matérielles et les objectifs de diffusion ou de confidentialité.
  3. Comité de suivi individuel. Réuni obligatoirement avant l'inscription en deuxième année puis avant chaque réinscription, le comité travaille en trois temps, dont un entretien avec le doctorant sans la direction de thèse.
  4. Recherche et rédaction. La phase la plus longue, trois ans en principe, davantage en pratique.
  5. Rapporteurs. Au moins deux rapporteurs, extérieurs à l'école doctorale et à l'établissement, rendent un avis écrit au moins quatorze jours avant la date prévue. Le chef d'établissement autorise alors la soutenance.
  6. Soutenance publique et serment. Le jury délibère et prononce l'admission ou l'ajournement, puis le nouveau docteur prête le serment d'intégrité scientifique.

Le jury compte entre quatre et huit membres et se compose au moins pour moitié de personnalités extérieures à l'unité de recherche, à l'école doctorale et à l'établissement d'inscription. Le directeur de thèse y siège mais ne prend pas part à la décision. La soutenance est publique, sauf dérogation exceptionnelle accordée pour un sujet présentant un caractère de confidentialité avéré.

Une différence nette avec l'Allemagne mérite d'être soulignée : depuis l'arrêté de 2016, aucune mention n'est plus délivrée pour le doctorat en France. Les anciennes formules du type « très honorable avec félicitations du jury » ont disparu des procès-verbaux, qui indiquent désormais l'admission ou l'ajournement, rien d'autre. Le règlement de l'ED 406 le formule sans détour : « Conformément à la réglementation, aucune mention n'est délivrée. » Reste le rapport de soutenance, rédigé en français, signé par le président et contresigné par les membres du jury présents, communiqué au docteur dans le mois qui suit. C'est lui qui circule ensuite dans les dossiers de candidature.

Dépôt, diffusion et confidentialité

En France, aucune publication chez un éditeur ne conditionne le port du titre de docteur. L'obligation porte sur le dépôt : le doctorant remet sa thèse sous forme numérique, un mois avant la date prévue pour la soutenance, au service chargé du doctorat de son établissement. La soutenance elle-même est subordonnée à la remise au président du jury d'une attestation de dépôt et d'un bordereau électronique comportant deux résumés et une liste de mots-clés.

L'établissement de soutenance dépose ensuite la version validée dans l'application nationale STAR, gérée par l'Agence bibliographique de l'enseignement supérieur. STAR enregistre la version de diffusion et la version d'archivage, attribue un identifiant permanent, signale la thèse dans le catalogue Sudoc et sur theses.fr, puis transmet la version d'archivage au Centre informatique national de l'enseignement supérieur. Le signalement est une obligation réglementaire depuis mai 2016, ce qui fait de theses.fr un recensement des thèses soutenues et non un dépôt volontaire. La plateforme couvre les thèses soutenues depuis 1985 ainsi que les thèses en préparation, ces dernières sur une base facultative.

La diffusion, en revanche, n'est pas automatique. Sauf caractère de confidentialité avéré, la thèse est diffusée dans l'établissement de soutenance et au sein de la communauté universitaire. Au-delà de ce périmètre, la mise en ligne dépend de l'autorisation de l'auteur. Un refus n'efface pas le texte pour autant : depuis mars 2024, theses.fr donne accès aux thèses non diffusées publiquement via une authentification réservée aux membres de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Attention

Si le jury demande des corrections, le délai pour déposer la thèse corrigée sous forme électronique est de trois mois. La délivrance du diplôme est conditionnée à ce dépôt. Soutenir ne suffit donc pas : tant que le dépôt corrigé n'a pas eu lieu, le diplôme n'arrive pas. Inscris ce délai dans ton calendrier dès le jour de la soutenance.

Qui peut s'inscrire en doctorat et où ?

Pour s'inscrire en doctorat, il faut être titulaire d'un diplôme national de master ou d'un autre diplôme conférant le grade de master, à l'issue d'un parcours de formation ou d'une expérience professionnelle établissant une aptitude à la recherche. L'arrêté du 25 mai 2016 pose cette condition et l'inscription est prononcée chaque année par le chef d'établissement, sur proposition du directeur de l'école doctorale.

Des dérogations existent et elles sont encadrées. Le chef d'établissement peut, sur proposition du conseil de l'école doctorale, inscrire des personnes ayant suivi des études d'un niveau équivalent ou bénéficiant de la validation des acquis de l'expérience ou de la validation des acquis professionnels. La liste des bénéficiaires est présentée chaque année au conseil de l'école doctorale et à la commission de la recherche. Un refus de principe opposé à un candidat sans master serait donc faux, un accord automatique aussi.

Le lieu, lui, est verrouillé : le doctorat ne se prépare pas dans n'importe quel établissement. Seuls les établissements publics d'enseignement supérieur accrédités délivrent le diplôme national de doctorat et la préparation se fait obligatoirement au sein d'une école doctorale, elle-même autorisée à accueillir des doctorants après évaluation par le Haut Conseil de l'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur. Un annuaire national des écoles doctorales est mis à jour chaque année par le ministère.

Concrètement, la démarche passe par l'école doctorale de ton domaine, pas par l'université en général. Chaque école publie ses critères d'admission, son calendrier de concours pour les contrats doctoraux et son règlement intérieur. Les organismes de recherche, les fondations et de nombreuses écoles participent aux écoles doctorales en accueillant des doctorants, sans être pour autant accrédités à délivrer le diplôme, sauf accréditation conjointe prévue par convention.

Thèse empirique : collecter ses propres données

Une thèse empirique répond à sa question de recherche avec des données collectées ou analysées par le doctorant, et non à partir de la seule littérature. Elle exige un chapitre de méthode qui documente le design, l'échantillon, l'instrument et l'analyse de façon que l'étude puisse être reproduite. Le critère d'évaluation est cette traçabilité, pas la taille de l'échantillon.

Deux garde-fous encadrent la collecte en France. Le premier est le règlement général sur la protection des données, dont l'autorité de contrôle est la CNIL. Point régulièrement mal compris : le responsable de traitement n'est pas le doctorant. Sauf chercheur strictement indépendant, la CNIL indique que le responsable est l'organisme public ou privé au sein duquel la recherche est menée, université ou entreprise. Le passage obligé est donc le délégué à la protection des données de ton établissement, qui tient le registre des activités de traitement.

Le second garde-fou est l'éthique. Les recherches impliquant la personne humaine au sens de la loi Jardé relèvent des comités de protection des personnes. Pour tout le reste, la plupart des universités se sont dotées d'un comité d'éthique de la recherche qui rend un avis sur les projets non interventionnels, typiquement les enquêtes par questionnaire et les entretiens. Les écoles doctorales ont par ailleurs l'obligation de veiller à ce que chaque doctorant reçoive une formation à l'éthique de la recherche et à l'intégrité scientifique.

Le reste relève du métier : quels critères de scientificité s'appliquent, si ton design est qualitatif ou quantitatif et comment s'enchaîne le processus de recherche empirique. Ces choix se décident avant la première question posée, pas après.

Conseil

Prévois plus large pour les démarches préalables que pour la collecte elle-même. Un comité d'éthique ne siège souvent qu'une fois par mois et un dossier renvoyé coûte vite un trimestre. Pour une collecte visée à l'automne, le dossier doit être prêt au printemps.

Conclusion

Une thèse de doctorat se distingue de tous les travaux qui la précèdent par une exigence unique mais rude : produire des connaissances nouvelles. Le reste, du nombre de pages à la forme sur articles en passant par la langue du manuscrit, se règle au niveau de ton école doctorale et varie d'une discipline à l'autre. Ouvrir tôt le règlement intérieur et la charte du doctorat évite la plupart des mauvaises surprises de fin de parcours.

Un dernier rappel pour qui est arrivé ici en cherchant le mot « dissertation » : en France, la dissertation reste un exercice de rédaction et le travail de doctorat s'appelle une thèse.

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Questions fréquentes

Une dissertation est un exercice de rédaction argumentative pratiqué au lycée et dans les premières années d'université, alors qu'une thèse de doctorat est un travail de recherche original mené sur plusieurs années. Le faux ami vient de l'anglais et de l'allemand, où le mot dissertation désigne bien le travail doctoral. En France, le terme exact reste thèse.

Une thèse de doctorat est le travail personnel de recherche par lequel une personne obtient le diplôme national de doctorat. Préparée dans une école doctorale, elle doit produire des connaissances nouvelles. Au moins deux rapporteurs l'examinent avant la soutenance, publique, devant un jury de quatre à huit membres qui prononce l'admission ou l'ajournement.

Aucun texte réglementaire français ne fixe de nombre de pages. L'arrêté du 25 mai 2016 ne dit rien du volume du manuscrit et les règlements d'écoles doctorales consultés n'imposent pas davantage de seuil. La longueur dépend des conventions disciplinaires : les sciences humaines et sociales produisent des manuscrits nettement plus longs que les sciences exactes.

La préparation dure en règle générale trois ans en équivalent temps plein, six ans au maximum. Dans les faits, 42 % des thèses soutenues en 2025 l'ont été en moins de quarante mois, selon la note flash du SIES de juillet 2026. En sciences humaines et sociales, cette proportion tombe à 11 %.

Non, aucune publication chez un éditeur n'est exigée en France. Le dépôt sous forme numérique auprès de l'établissement est en revanche obligatoire un mois avant la soutenance. La thèse est ensuite signalée dans l'application STAR et sur theses.fr, mais sa mise en ligne au-delà de la communauté universitaire dépend de l'autorisation de l'auteur.

Une thèse sur articles rassemble plusieurs publications scientifiques du doctorant, complétées par une introduction générale, un chapitre bibliographique et une discussion qui relie l'ensemble. Chaque école doctorale décide si elle l'autorise : l'ED 406 de Sorbonne Université l'accepte sous conditions, l'ED SPIM de Bourgogne Franche-Comté l'exclut. Un manuscrit composé uniquement d'articles n'est pas accepté.

Oui, une inscription sans master reste possible par dérogation. La condition normale est un diplôme national de master ou un diplôme conférant le grade de master. Le chef d'établissement peut toutefois inscrire, sur proposition du conseil de l'école doctorale, des personnes ayant un niveau équivalent ou bénéficiant de la validation des acquis de l'expérience.

Non, les mentions ont disparu du doctorat français avec l'arrêté du 25 mai 2016. Le procès-verbal de soutenance indique seulement l'admission ou l'ajournement. Subsiste le rapport de soutenance, rédigé en français, signé par le président du jury et contresigné par ses membres, communiqué au docteur dans le mois suivant la soutenance.

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